i 48 LA HENRI ADE.
Leurs yeux sont éclairés,leurs coeurs n’ont plus dihaine ;
Sa valeur les vainquit, sa vertu les enchaîne ;
Et, s’honorant déjà du nom de ses soldats,
Pour expier leur crime, ils marchent sur ses pas.
Le généreux vainqueur a cessé le carnage ;
Maître de ses guerriers, il fléchit leur courage.
Ce n’est plus ce lion qui, tout couvert de sang,Portait avec effroi la mort de rang en rang :
C’est un dieu bienfaisant, qui, laissant son tonnerre,Enchaîne la tempête et console la terre.
Sur ce front menaçant, terrible, ensanglanté,
La paix a mis les traits de la sérénité.
Ceux à qui la lumière était presque raviePar ses ordres humains sont rendus à la vie :
Et sur tous leui's dangers, et sur tous leurs besoins ,Tel qu’un pere attentif, il étendait ses soins.
Du vrai, comme du faux, la prompte messagère,Qui s’accroît dans sa course, et, d’une aile légère,Plus prompte que le temps vole au-delà des mers,Passe d’un pôle à l’autre, et remplit l’univers ;
Ce monstre composé d’yeux, de bouches, d’oreilles,Qui célébré des rois la honte ou les merveilles,
Qui rassemble sous lui la curiosité,
L’espoir, l’effroi, le doute , et la crédulité,
De sa brillante voix, trompette de la gloire,
Du héros de la France annonçait la victoire.
Du Tage à l’Eridan le bruit en fut porté ;
Le Vatican superbe en fut épouvanté.
Le nord à cette voix tressaillit d’alégresse ;
Madrid frémit d’effroi, de honte, et de tristesse..
O malheureux Paris, infidèles ligueurs !