15a LAHENRIADE.
Applaudit, en passant, à leur troupe homicide.Le repentir les suit, détestant leurs fureurs,
Et baisse en soupirant ses yeux mouillés de pleurC’est Là, c’est au milieu de cette cour affreuse,Des plaisirs des humains compagne malheureuseQue l’amour a choisi son séjour éternel.
Ce dangereux enfant, si tendre et si cruel,
Porte en sa faible main les destins de la terre.Donne, avec un souris, ou la paix, ou la guerre,Et, répandant par-tout ses trompeuses douceurs,Anime l’univers, et vit dans tous les cœurs.
Sur un trône éclatant contemplant ses conquêtesIl foulait à ses pieds les plus superbes têtes ;hier de ses cruautés plus que de ses bienfaits,
Il semblait s’applaudir des maux qu’il avait faits.
La discorde soudain, conduite par la rage,Ecarte les plaisirs, s’ouvre un libre passage,Secouant dans ses mains ses flambeaux allumés,Le front couvert de sang, et les yeux enflammés:Mon frere, lui dit-elle, où sont tes traits terriblesPour qui réserves-tu tes fléchés invincibles?
Ah ! si, de la discorde allumant le tison ,
Jamais à tes fureurs tu mêlas mon poison -,
Si tant de fois pour toi j’ai troublé la natureViens , vole sur mes pas, viens venger mon injuUn roi victorieux écrase mes serpents ;
Ses mains joignent l’olive aux lauriers triomphaLa clémence , avec lui marchant d’un pas tranquAu sein tumultueux de la guerre civile,
Va sous ses étendards, flottants de tous côtés ,Réunir tous les cœurs par moi seule écartés :Encore une victoire, et mou trône est en pond