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CHANT IX.
Aux remparts de Paris Henri porte la foudre.
Ce héros va combattre, et vaincre, et pardonner;
De cent chaînes d’airain son bras va m’enchaîner.C’est à toi d’arrêter ce torrent dans sa course.
Ya de tant de hauts faits empoisonner la source :
Que sous ton j oug, amour, il gémisse abattu ;
Va domter son courage au sein de la vertu.
C’est toi, tu t’en souviens, toi dont la main fataleFit tomber sans effort Hercule aux pieds d’Omphale'Ne vit-on pas Antoine amolli’dans tes fers,Abandonnant pour toi les soins de l’univers,
Fuyant devant Auguste, et te suivant sur l’onde ,Préférer Cléopâtre à l’empire du monde?
Henri te reste à vaincre, après tant de guerriers :
Dans ses superbes mains va flétrir ses lauriers ;
Va du myrte amoureux ceindre sa tête altiere ;Endors entre tes bras son audace guerriere ;
A mon trône ébranlé cours servir de soutien :
Viens, ma cause est !a tienne, et ton régné est le mien.
Ainsi parloit ce monstre ; et la voûte tremblanteRépétait les accents de sa voix effrayante.
L’amour qui l’écoutait, couché parmi des fleurs,D’un souris fier et doux répond â ses fureurs.
Il s’arme cependant de ses fléchés dorées :
Il fend des vastes cieux les voûtes azurées ;
Et, précédé des jeux, des grâces, des plaisirs,
Il vole aux champs français sur l’aile des zéphyrs.
Dans sa course d’abord il découvre avec joieLe faible Simoïs, et les champs où fut Troie.
Il rit en contemplant, dans ces lieux renommésLa cendre des palais par ses mains consumés.
Il apperçoit de loin ces murs bâtis sur l’onde,