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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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LA HENR1ADE.

Qui renferme, en naissant, sa beauté naturelle,Cache aux vents amoureux les trésors de son sein,

Et s’ouvre aux doux rayons d’un jour pur et serein.

L’amour, qui cependant s’apprête à la surprendre,Sous un nom supposé vient près d’elle se rendre :

H paraît sans flambeau , sans fléchés, sans carquois ;Il prend d’un simple enfant la figure et la voix.

On a vu, lui dit-il, sur la rive prochaine,

S’avancer vers ces lieux le vainqueur de Mayenne.

Il glissait dans son cœur, en lui disant ces mots,

Un désir inconnu de plaire à ce héros.

Son teint fut animé d’une grâce nouvelle.

L’amour s’applaudissait en la voyant si belle :

Que n’espérait-il point, aidé de tant d’appas !Au-devant du monarque il conduisit ses pas.

L’art simple dont lui-même a formé sa parureParaît aux yeux séduits l’effet de la nature.

L’or de ses blonds cheveux, qui flotte au gré des vents,Tantôt couvre sa gorge et ses trésors naissants,Tantôt expose aux yeux leur charme inexprimable.Sa modestie encor la rendait plus aimable :

Non pas cette farouche et triste austéritéQui fait fuir les amours, et même la beauté ;

Mais cette pudeur douce, innocente, enfantine,

Qui colore le front d’une rougeur divine,

Inspire le respect, enflamme les désirs,

Et de qui la peut vaincre augmente les plaisirs.

Il fait plus ( à l’amour tout miracle est possible ) ;

Il enchante ces lieux par un charme invincible.

Des myrtes enlacés , que d’un prodigue seinLa ferre obéissante a fait naître soudain,

Dans les lieux d’alentour étendent leur feuillage.