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La Henriade : avec les notes / poème par Voltaire
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CHANT IX.

i5-j

A peine a-t-on passé sous leur fatal ombrage,

Par des liens secrets on se sent arrêter ;

On s’y plaît, on s’y trouble , on ne peut les quitter.On voit fuir sous cette ombre une onde enchanteresse ;Les amants fortunés, pleins d’une douce ivresse,

Y boivent à longs traits l’oubli de leur devoir.L’amour, dans tous ces lieux, fait sentir son pouvoir;Tout y paraît changé ; tous les cœurs y soupirent :Tous sont empoisonnés du charme qu’ils respirent ;Tout y parle d’amour. Les oiseaux dans les champsRedoublentleurshaisers, leurs caresses .leurs chants.Le moissonneur ardent, qui court avant l’auroreCouper les blonds épis que l’été fait éclore ,

S’arrête, s’inquiète, et pousse des soupirs :

Sou cœur est étonné de ses nouveaux désirs ;

Il demeure enchanté dans ces belles retraites ,

Et laisse, en soupirant, ses moissons imparfaites.Près de lui , la bergere, oubliant ses troupeaux,

De sa tremblante main sent tomber ses fuseaux.Contre un pouvoir si grand qu’eût pu faire d’Estree?Par un charme indomtable elle était attirée;

Elle avait à combattre, en ce funeste jour,

Sa jeunesse, son cœur, un héros, et l’amour.

Quelque temps de Henri la valeur immortelle «i* *»Vers ses drapeaux vainqueurs en secret le rappelle:»Une invisible main le retient malgré lui. •

Dans sa vertu première il cherche un vain appui 3Sa vertu l’abandonne ; et son ame enivréeN’aime, ne voit, n’entend, ne connaît «que-d?E«trée'.

Loin de lui cependant tons ses ohefs étdhnés d;

Se demandent leur prince i e4 restent consternés. *

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