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Briefe an Bonstetten.
toujours sûrs l'un de l’autre, et c’est une grandechose en ce mdnde. Mon premier volume , levoilà donc copié, ct il ne lui reste que den’étre pas ouvert dans un bureau de postessuisses, et de n’ètre pas submergé en Allemagnepar les inondations. En attendant j’ai reprisavec succès ma composition. Je dis, avec suc-cès, parceque (je m’en vais te parler commeà moi-même) ce que je sais, ou ce qu’il y a dansmes extraits, il me semble, que je l’ai assezbien raconté, et qu’il y a des réflexions et destournures, qui passeront pour agréables ou in-génieuses; mais , et c’est un mais dont je suispénétré, mais, mon ami, je vois mieux chaquejour, â quel point je suis ignorant, et si l’onse doutoit dans le public du quart de ce, queje sens, on me hueroit en voyant, que j’ai lefront de publier un livre. Ce n’est, que je nepuisse en faire un, ce n’est pas, que je n’aiedes connaissances assez étendues, mais je n’aipas une assez approfondie de mon sujet. Voussavez, combien j’ai lu de documens, et c’étoitbien fait, mais je n’ai pas lu T /to de nos chro-niques; or il n’y en a point, où il n’y ait quelquefait, qu’il me faudroit; je n’ai pas lu le diction-naire de Leu, qu’on appelle le grand magazinde l’histoire Helvétique, et j’ai le front de ré-crire! J’ai perdu bien du tems dans ma vie, etqu’elles connaissances ne faut-il pas pour unehistoire? C’est un vilain secret, que je te con-fie là, et j’en suis pénétré de douleur. Heureu-sement je reprendrai haleine à la bataille deMarignan, et je Cassure, que je périrai plutôt,'que de donner la suite, avant qu’elle puisseêtre digne de ce, que vous attendiez de moi.Au reste , j’ai eu ‘aujourd’hui Dopât, qui vien-