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Briefe an Bonstetten.
officielles , 556 numéros depuis le nouvcl-an*).II ne se passe guère de jour, sans que je penseà toi, mon ami; tout le monde sait, que si jet’ai aimé, comme on l’admire dans nos lettres,je ne t’aime pas moins à présent; mille fois lafaçon, dont on parle de notre amitié, m’a touchépresqu’aux larmes, en pensant, que nous vivonsdepuis tant de tems séparés, et moi sans dedire un mot. Dieu soit loué, enfin le silenceest rompu; nous recommencerons à nous direquelque chose une fois par mois. D’ailleurs jen’ai pas abandonné 1 espoir de vivre encore àl’arnitié et à ma,destination originaire. Mes be-soins à moi ne sont pas grands; pour payertoutes mes dettes, il me faudroit quatre ans ici,ou six, s’il falloit y parvenir par mes écrits **).Dans l’incertitude des évènemens possibles jeme nourris bien d’espèrance; mais je ne faispas de plans. Je sais, ce que je voudrois, maisje prends mon parti d’ignorer le moment d’yparvenir. Je voudrois 1) achever l’histoire dela Suisse, dont il me reste la partie, peut-ètre la plus curieuse; étant unique dans celledes peuples modernes, 2) faire un grand travailsur l’histoire générale. Les sentimens tou-chans, que plusieurs excellons hommes enSuisse, que je n'avois jamais vus, m’ont té-moignés en suite de ma préface au cinquièmevolume, ont réveillé mon zèle; je ne lis ordi-
*) Cependant il me reste k oo en arrière. J’en re-çois un jour dans l’autre 1 5, qui demandent desrapports tou au moins des repenses.
**) Je préfererois de les payer sans mes écrits, pourmètre ni gène. ni pressé avec ces derniers.