250
Briefs an Bonstetten.
pour faire une promenade. Souvent je parlede toi avec Lefevre, qui t’a vu à Rome; sou-vent de Madame Brun avec Madame Reinhard(Reimarus). D’ailleurs j'ai accoutumé tout lemonde á ne pas s'attendre de ma part â des vi-sites réglées, à. ne jamais me voir au théâtre.Comme je ne fais pas la moindre intrigue,comme je ne demande rien, ct comme le roime montre de la bienveillance, sans que j'enfasse jamais aucun abus, il me paroît, que jen'ai pas des ennemis. De l autre côté, j’ai pouramis tous ceux, qui ont à faire à moi, profes-seurs, étudians, maîtres d’école , sachans tous,que, si je ne puis,tout faire, je fais certaine-ment pour chacun ce que je puis. De mêmemes collègues dans le conseil m’accueillent ami-calement, et des ministres me pardonnent deleur avoir adressé quelquefois des philippiquesassez fortes, quand je croyois avoir raison. —Je voulois à-présent relire toutes vos lettres etrépondre à beaucoup de choses, mais, inter-rompu derechef, je préfère de renvoyer celaá la première occasion, plutôt que de manquerle courrier. Dites.moi, mon bon, mon tendre,mon éternel ami, que vous me pardonnez monsilence inconcevable: et puisque notre amitiéest devenue célèbre, comme quelques-unes dela haute antiquité, portez lui le sacrifice duressentiment, que vous en pourriez avoir.Adieu *).
Cassel, 1 Avril 1809.
J. de Müller.
*) Cinquante-neuf jours après il fut enterré.
F. B-