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Briefe an Bonnet.
recevoir le» leçons île noire 8eigncur, avecla simplicité, qu’il faut apporter, pour sentir lavérité de choses si fort élevées au delà de la com-préhension des sens. Remercions Jésus Christde nous avoir fait connoître la vie et l’immor-talitó; ce' n’est pas tout; Pline Fanden disoit,n’est-il pas assez de trembler pour les vicissi-tudes des choses humaines,- pourquoi nouscharger encore de la crainte de l’avenir? NotreSeigneur, en nous Fannonçant, ajoute que sinous l’aimons, nous n’avons rien à craindre deson père et du nôtre; et que puisqu’il n’est pasdans notre pouvoir de lui prouver notre amour,nous devons le prouver à nos frères*que nousvoyons, et pour lesquels nous devons donnerFarne, s’il lo faut. Y-a t-il jamais eu de philo-sophe, qui eut enseigné de plus sublime vertu?et quand il y en auroit eu, pouvoit-il dire com-me lui: je serai avec vous jusqu’á la fin desteins? Pardonnez moi de vous faire l’éloge dusoleil, comme le feroit un aveugle, qui toutd’un coup eut reçu le don de la vue; vous sa-vez cela depuis longicms, mais dois-je vous dis-simuler ma joie de le savoir enfin ? Si jamaisle bonheur ou les lettres dévoient me faire ou-blier, que nous ne sommes ici qu'en passant,je prierois éieii , de me faire plutôt oubliertout le reste; mais comme je m’apperçois mieuxtous les jours, que, comme l’obscrve Bacon,un peu de philosophie peut rendre incrédule,.mais que les progrès des connaissances ramè-nent à la vérité, je vous avoue, que de ma viejen'ai étudié avec plus de zèle, qu'à présent,que je sais, que c’est pour toujours. Je méditeun grand ouvrage, auquel je travaille déjà, etque je composerai d’abord après Fhistoire de
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