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Briefe an Bonnet.
puisque c’cst le jour, auquel Vannée.dernièrele sage Palingénésiste, que j'ai si souvent ap-pelle mon père et mon ami, est entré dansla palingénésie d’une existence, qui n’avoitplus de charmes pour lui, ct que du sein dei amitié exploré, qui l’entouroit, il s'est rendudans ces régions, qu’il regardoit comme savraie patrie, chez ces anges, auxquels il res-sembloit tant. Son image m’a été présentetoute la nuit, et je ne puis que vous écrire,chère Madame, vous que je régarde malgréla distance et le tems toujours encore commeune amie unique, parccque je n’cn ai trouvéede meilleure, en aucun pays, ou qui eut pume dédommager.
Pourquoi je ne vous ai pas écrit depuis silongtems? Hélas peu de tems après ma der-nière, que vous aurez reçue èj’étois bien loinde m’cn douter), dans ces mêmes jours d’af-lliction, j’ai fait un voyage en empire; j’ai supar le Moniteur la mort de Mr. Bonnet. Plustard Bonstetten m’cn a marqué quelques circon-stances, et en ajoutant, que vous étiez commeje pourvois me le figurer, sachant votre ten-dresse, connoissant votre cœur. Jean LouisSaladin, auquel j’ai écrit pour plus de détails,m’en a donnés bien amicalement. II n’y a paslong-tems, que l’éloge prononcé par votre ne-veu de Saussure m’est tombé entre les mains.J’ai fait venir, mais je n’ai pas encore, le mé-moire de l’ami Trembler. J’ai eu, un instant,l’espérance de pouvoir faire un voyage, quim’eut fait avoir le bonheur de vous voir. Mais,je n’ai pas su vous écrire. Je n’ignorois pas,que votre douleur n’admcttoit pas encore desconsolations) et je craignois de rouvrir la plaie,