Johannes von Müller Briefe.
283
vor mon patrimoine aux cas imprévus , d’avoiraussi peu de besoins qu’il est possible, pourêtre d'autant plus indépendant, et de donnerle moins de tems possible au soin de la for-tune pour l’employer tout entier à mettre dansmou esprit ce qui y demeurera, quand je se-rai obligé de quitter les biens de ce monde.Si le landgrave n’augmentc pas ma pension.je compte de quitter dans l’année, parcequ’ail-leurs j’ai autant ct davantage en ne faisant quelire pendant 6 mois mes cahiers, je suis dèslors débarrassé de la société des antiquités etd’autres travaux ennuyans et par-dessus lemarché, je suis libre.
Je ne sais où j’en étois des anciens la der-nière fois que je vous écrivois. Je lisois, jecrois, les LXX. Depuis ce tems, Diodore deSicile m’a instruit de plusieurs points de la my-thologie , mais ce qui m’importoit plus , des af-faires de son pays qu’on ne trouve nulle autrepart aussi bien détaillées et des guerres des suc-cesseurs d’Alexandre que j’ai lu avec beaucoupde plaisir, parcequ’clles sont instructives pourThistoire de Tai t de la guerre. C’est un champqu’on n’a pas assez travaillé, quoique le sort desétats en dépende. Théocrite m’en chanta, Phi-lon, Héron (surtout le traité des automates)et plus encore les céstes de Jules-Africain m’ins-truisirent beaucoup, le dernier,' sans le vou-loir, de la dépravation de son siècle. Du temsde la république les consuls avertirent Pyrrhusdû* portes de Home de se garder contre lespoisons, et Jules traite en dix pages de T artd’empoisonner les sources, les blés, í’air même.J’étois fort content d’autres bonnes leçons qu’ildonne, mais peu de tems après je lus Enée, et