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Johannes von Müller Briefe.
que j’aimerai toute ma vie, que dans mon esti-me je mets à la tète des plus excellons espritsqui aient honoré par leurs productions l’Alle-snagne et notre tems, ct que je ne comparequ’aux anciens, soit pour la beauté du génie,la force et la délicatesse des expressions, soitpar cet esprit patriotique et la vertu que respirentses ouvrages: mais voyant, qu’ilne vouloit pasrester en liaison avec moi, que pouvois-jefaire? La conscience de n’y avoir, de mon sû,contribué en aucune façon, a seule pu meconsoler: il me reste encore des amis, qui meconnoissent; j’ai assez de témoins de la ma-nière dont j’emploie ma vie; si ceux que j’aitant aimés, m’abandonnent en partie, que puis-je faire d’autre, que de m’efforcer d’autantplus à prouver que j’étois peu digne d’un pa-reil traitement, et que je méritois leur pre-mière amitié. Je puis vous jurer encore, moncher Monsieur, que la connaissance de vosvertus, l’amour des mêmes études et l’estimede vos travaux et de vos lumières m’ont donnépour vous un attachement que rien sauroit dé-truire, ct dont tous ceux peuvent me rendretémoignage avec lesquels j ai eu occasion dem’entretenir de vous: mais vous aussi vous nem’écriviez plus, quoique je vous eusse adressé en-core de Cassel une lettre dont le contenu il mesemble n’avoit rien qui eut dû vous déplaire;je vois á présent que vous m'aviez écrit, maisje n’en ai rien sû; — je vous en remercie dufond démon ame; comptez sur moi en quelquepays que je puisse être, soit que je puisse ávous même ou à des personnes qui vous intér-essent, être utile ou rendre service en aucunefaçon. Nous avons autrefois souhaité de servir