Johannes von Müller Briefe.
311
ensemble ,dans le même département; les cir-constances n’ont pas favorisé nos vœux; il estpossible que nous ne nous revoyons jamais ;mais mes sentimens pour vous sont très-indé-pendans de ce que la fortune et la faveur peu-vent faire de moi. J’eusséSvoulu servir votregrand roi, et cela surtout par le vif attache-ment que j’ai pour sa cause, qui est celle de laliberté publique, et à la quelle ma propre pa-trie est extrêmement intéressée, je puis direque j’y aurois apporté le plus grand zèle : maispuisque cela ne se peut pas, ce qui me fait leplus de plaisir après cela c’est de voir que ledépartement est parfaitement bien composé;je regarde le ministère d un Herzberg , et vossuccès, mon trés cher Monsieur, comme desavantages publics auxquels tous les amis de la* bonne cause ont un égal intérêt. II est donctrès-naturel que je souhaite fort d’avoir quel-quefois de vos nouvelles ; et je désirerois seu-lement de pouvoir vous en donner d’intéressan-tes de la Haute - Allemagne ; mais je crains unpeu les postes.
Depuis la lettre que j’ai envoyée à Mr.Martin pour vous, j’ai passé un mois à Genèvechez M. Bonnet; je le devoiz à son amitié,sans cela je regretterais d’aroir par lá inter-rompu le cours de mon travail. J’ai été en-suite âOlten, à l’assemblée déplus de 160 hom-mes plus ou moins éclairés, de diverses partiesde la Suisse : je leur ai lu le commencement demon histoire; jusqu’au tems où César parvintà opprimer l’ançiennc liberté des Iïelvétiens.Après cela j’ai passé six semaines chez ma mèreâ Schaffhouse, et j’y serois encore, si je n’a-vois éprouvé bientôt qu’il est difficile de con-