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Johannes von Müller Briefe.
server au milieu d’une foule d’anciennes con-noiss?.nces la liberté etle loisir qu’il falloit pourla composition d’un grand ouvrage. J’ai faitdans ce teins une petite excursion dans la Fo-rêt-noire, principalement pour voir le prince-Abbé de St. Biaise, le Mabillon de l’Allemagne,dont son monastère est le St. Maur; tout y asurpassé mon attente. Puis j’ai voulu renouvel-ler à mon souvenir le tableau du local des paysque je décris , et voir de plus près les princi-paux gouvememens dont je trace l’histoire;j’ai parcouru différons cantons, j’ai fait un iongséjour, et qui m’a été aussi utile qu’agréable,à Zuric ; j’ai recueilli un grand nombre de ma-nuscrits dont je profiterai, doutant plus qu’ilsn'étoient pas connus: j’ai aussi eu occasion dem’entretenir quelque fois sur les affaires géné-rales avec des personnes qui en étoient instrui-tes, et j’ai été parfaitement confirmé dans ceque je croyois des desseins d’une certaine cour,de la convenance de ce qu’on fait chez vous,et de la possibilité d’arrêter encore les progrèsdu mal ; on a bien des ressources pour cela; ilest désirer seulement qu’on n’en néglige aucune;le but est si grand, d’une importance si ma-jeure, que tout ce que peut inventer F esprit hu-main pour y réussir, devra être employé.
Je me suis enfin arrêté à Berne; j’y passerail’hiver; je travaille beaucoup et avec succès;je pense que trois volumes sur l’hist. de la 8pourront paroìtre au printems prochain. Je nesuis pas déterminé, si après cela je ferai unautre voyage en Allemagne pour m’y fixer quel-que part, ou si je resterai en Suisse: cela dé-pend de circonstances dont plusieurs ne dépen-dent pas de moi; je n’en suis point inquiet;