CORNEILLE.
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inexpérience celle d’nn enfant. S’il se trouve rappro-ché par force, ou par hasard, des gens que la nais-sance ou la fortune ont placés au-dessus de lui, il neconnaît pas bien la mesure de ses divers rapports aveceux, ou plutôt il ne connaît entre lui et eux qu’un seulrapport, celui du protégé au protecteur ; il ne consi-dère de leurs différents litres que celui qu’ils peuventavoir à sa reconnaissance, et il placera ainsi Montau-ron ' au niveau, si ce n’est au-dessus de Richelieu et deMazarin. On pourra toujours déterminer, d’après la
1 Le partisan Montauron, h qui Corneille a dédié Cinna. Dans sonépître dédicaloire il le compare à Auguste, par la raison qu’Augusteayant uni la clémence à la libéralité, M. de Montauron, libéral commeAugusie, devait, comme lui, réunir les deux vertus. Ce qu’il y ad’assez singulier, c’est que, dans plusieurs des éditions où se trouvecelte épître, les épithètes de libéral, généreux , adressées à M. deMontauron, sont écrites en caractères particuliers, apparemmentcomme on écrit en gros caractères le Monseigneur ou Votre Altesse,pour désigner le titre de M. de Montauron à cette espèce d’hom-mage. On assure que la dédicace de Cinna avait valu à Corneillemille pistoles. On ajoute qu’il avait dû d’abord dédier cette pièceau cardinal Mazarin ; mais qu’il préféra M. de Montauron, quipayait mieux. Quelque accoutumé que l’on fût alors à l’enflure dustyle de la louange, on ne put pardonner à Corneille son épître :les éloges de ce genre, et accordés à ce prix, reçurent dès cemoment le nom d’épîtres à la Montauron. Voyez le Parnasseréformé, article XI du règlement : « Supprimons tous les panégy-* riques à la Montauron, etc. »
Ce Montauron s’étant ruiné, Scarron disait :
Ce n’est que maroquin perdu
Que les livres que l’on ilédie.
Depuis que Montauron mendie.