CORNEILLE.
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davantage si, également capable de vaincre, elle eût étéattaquée par de plus puissants adversaires, et si elleeût couru sous nos yeux de plus grands dangers. Il afallu toute la vigueur de ce beau génie pour trouverune suffisante source d’intérêt dans ces caractères sin-guliers que seul il pouvait créer et soutenir ; seul, il apu exciter notre incertitude et notre curiosité par leurinflexibilité même qui, annoncée dès le premier mo-ment, ne leur permet pas de céder à la moindre fai-blesse , et multiplie successivement autour d’eux desembarras qui amènent sans cesse un effort plus grandet plus extraordinaire. Si nous étions moins convaincusde la fermeté d’Émilie, nous serions moins inquietspour elle de la résolution de Cinna qui veut mourir sielle ne lui permet pas de rompre la conjuration. Dansune semblable lutte, un caractère ordinaire doit suc-comber; il ne s’agit que de démêler ce qu’il sacrifierade son amour ou de sa vengeance ; mais nous savonsbien qu’Émiliene peut renoncer ni à l’un ni à l’autre;quel parti va-t-elle donc prendre? Elle hésite; ce nepeut être sur le choix ; c’est, donc sur le moyen : quelsera-t-il ? le voici :
.Qu’il achève et dégage sa foi,
Et qu’il choisisse après de la mort ou de moi.
Pour arriver à cette invincible force, qui fera toutplier autour d’elle, il faut s’être absolument séparé detout ce qui entre d’ailleurs dans la composition de la