CORNEILLE.
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frappée du caractère ou de la situation spéciale dontelle s’occupe, ne permet pas à Corneille de donnerassez d’attention aux idées qui, se rattachant naturel-lement à cette situation ou à ce caractère, seraientnécessaires pour en rendre le tableau complet ettidèle. De là vient la singularité de certains sujetsqu’il a choisis sans s’inquiéter de l’aspect odieux ouridicule sous lequel ils peuvent paraître : c’est sansse représenter aucune des idées qui se lient à l'é-trange sujet de Théodore qu’il a vu et nous a montrécette vierge-martyre conduite dans un mauvais lieupour y être livrée aux soldats et à la populace : ils’étonne un peu, dans son examen, de la sévérité publi-que qui n’a pas souffert, sur le théâtre, « une histoire« qui fait le plus bel ornement du second livre des« Vierges de saint Ambroise. Qu’eut-on dit, ajoute-t-il,« si, comme ce grand docteur de l’Église, j’eusse fait« fait voir cette vierge dans le lieu infâme, si j’eusse« décrit les diverses agitations de son âme quand elle« y fut, si j’eusse peint les troubles qu’elle ressentit« au premier moment qu’elle y vit entrer Didyme ? »Si Corneille eût eu le moindre soupçon des sentimentsque réveillent ces paroles, il eût abandonné la penséede peindre une situation dont le déshonneur est lemoindre supplice; mais il n’y a vu que cette idée géné-rale du déshonneur, dépouillée de toutes les idéesrévoltantes qui accompagnent un pareil genre d’in-