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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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CORNEILLE.

faillie, et sa Théodore, comme si elle n’était que con-science, comme si elle n’était menacée que du malheurde commettre une mauvaise action, déclare tranquil-lement que

Dieu toul juste el tout bon, qui lit dans nos pensées,N’impute pas de crime aux actions forcées.

Elle se résigne également à ce qu’on dévoue

Son corps à l'infamie et sa main à l’encens,

si elle peut d’ailleurs conserver

.... d’une âme résolue,

A l’époux sans macule une épouse impoilue.

Ni le poète, ni la vierge 11e se sont avisés de penser que,pour une fille honnête el modeste, il s’agit là de bienautre chose encore que de son âme aux yeux de Dieuet de son honneur aux yeux des hommes.

Aussi Corneille n’a-t-il jamais su peindre un senti-ment mixte et composé de deux sentiments contraires,sans se jeter tout-à-fait tantôt d’un côté, tantôt del’autre. Cinnaexècre Auguste dans les premiers actes;il l’adore 1 dans les derniers. Le poète ne voyaitd’abord que la haine, il ne voit maintenant que l'affec-tion; chacun de ces sentiments, pris à part, est entier,absolu, comme s’ils ne devaient pas se trouver réunisdans le même cœur, et avoir, par conséquent, quelque

Vous me faites haïr co que mou aine adore.

Acte lll, uhi" IV,

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