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Corneille et son temps : étude littéraire / par M. Guizot
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SCARRON (PAUL).

deux consolations, son esprit et son estomac *. Mais s’ilfaut du courage pour user de l’esprit, il faut de l’argentpour jouir de l’estomac, et la pauvreté comblait les mal-heurs de Scarron. Sans état, désormais sans moyensd’en exercer aucun, il n’avait de ressource que dans lafortune de son père encore vivant; et il paraît que sabelle-mère, intéressée à l’endormir dans son insou-ciance plutôt qu’à l’en faire sortir, avait toujours per-mis qu’on fournît à ses besoins de telle sorte qu’il n’eûtpas à se plaindre. Mais une cause étrangère vint aggra-ver et manifester le désordre de ses affaires. Richelieu,profondément irrité contre le parlement, dont la ré-sistance entravait sans cesse ses mesures, s’en vengeaitde temps en temps par des coups d’autorité qui ame-naient une soumission momentanée. A chaque opposi-tion nouvelle, quelques conseillers étaient exilés, etleur rappel devenait le prix de l’obéissance de leurcompagnie. Dans une de ces occasions, le père deScarron, animé, à ce qu’il paraît, par l’exemple et l’é-loquence du président Barillon, et des conseillers Saloet Bitaud 2 , déploya tant de zèle et de vigueur qu’il en

i « J’ai encore le dedans du corps si bon que je bois toutes sortesde liqueurs et mange toutes sortes de viandes avec aussi peu deretenue que le ferait le plus grand glouton. {Lettre à M. de Mari-gny, 1.1, 2e part., p. 8-1.)

5 O Barillon, Salo l’aîné, Bilaux,

Votre parler nous cause de grands maux.

{Requête au cari, de Rieh., Œuvres, t. VIII, p. 54.)