SCARRON (PAUL).
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une gaîté naturelle que rien ne gênait ni ne réglait;une sorte d’enfantillage qui emprunte de temps entemps le mérite de la naïveté; un babil souvent assezspirituel pour faire passer ce qu’il a souvent d’insigni-fiant : tels furent les premiers fondements de la renom-mée littéraire de Scarron. C’en était plus qu’il n’enfallait alors, même auprès des gens de lettres. Segraisparle des vers de Scarron comme «très-bons 1 .» Onadmira beaucoup ce quatrain de son petit poëme deLéandre et Héro :
Avec l’émail de nos prairies ,
Quand on sait bien le façonner,
On peut aussi bien couronnerQu’avec l’or et les pierreries.
« Ces vers, dit Ménage, valent autant que l’or et les
De griffonner plus d’un dixain,
Ou d’un douzain, que je ne mente;
Mais toujours la somme s’augmente,
Et j’éerirois jusqu’à demainSi je ne relirois ma main.
(Ëpiire à l’abbé d’Espagny, t. VIII, p. 175.)
C’est ainsi que Scarron faisait des vers. Une autre fois il finit uneépître parce qu’il vase coucher (Épîlre à Mlle d'Escars, p. 190), oubien parce qu’il est tard et qu'il va manger (à Pélisson, p. 109). Ilen date une autre de sa chaise au coin du feu,
Entre un épagneul et ma chatteQui vient de lui donner la patte.
(AM .p. 140.)
Tout lui est bon, et rien ne l’arrête. Il semble quelquefois que lesvers lui soient un privilège pour dire ce qui ne vaudrait pas la peined’être dit en prose.
1 Segraisiana, p. 12.