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AUTEURS LATINS. 54-37.
ennemi, avait fait exiler. Les adversaires de Milon peignaient cemeurtre comme un guet-apens. Cicéron montre au contrairequ’il ne fut que fortuit. C’est le chef-d'œuvre oratoire de Cicéron ;mais il est bon de savoir que le Pro Milone est une œuvre decabinet. Au moment du procès, Cicéron eut peine à prononcerun autre discours au milieu des citoyens armés qui couvraient leForum et semblaient prêts h l’arracher delà tribune. Mal inspire'par la cause de Milon, ou intimidé par cet appareil menaçant,il succomba dans la lutte , et ne put sauver son client de l’exil.
Le style du Pro Milone est élégant, noble, harmonieux, pé-riodique, et la péroraison est le chef-d'œuvre des péroraisonspathétiques.
N os 54, 55. Cicéron . Songe de Scip ion.
Le Songe de Scipion est un fragment du sixième livre de laRépublique de Cicéron. Ce songe montre que le paganisme avaitaussi son espérance d’immortalité , et la raison humaine y faitentrevoir à la vertu quelque récompense au delà des triomphes duCapitole et des pompes de la gloire. Scipion y raconte qu’étanten Afrique, h la cour de Masinissa , il crut, la nuit de son arri-vée, voir le premier Africain, son père adoptif, et que celui-ci luirévéla et sa destinée future et une pai tie des lois qui régissent lescorps célestes, et l’éternelle félicité réservée aux âmes des justesaprès la mort. C’est le monument le plus spiritualiste de la litté-rature latine profane.
Le style du Songe de Scipion est noble, imposant, magnifique»avec une teinte de mélancolie spiritualiste.
N os 56, 57. Cicéron, Tusculanes.
Les Tusculanes (Disputationes Tusculame), ainsi nommées dece qu’elles furent composées à Tusculum, villa de Cicéron , pen-dant la dictature de César, supposent une question préliminaireapprofondie dans le de Pi ni b us , au tre ouvrage philosophique deCicéron. Il y cherche les moyens les plus essentiels pour le bon-heur, et il en marque cinq, qui sont chacun l’objet d’un livre :i° le mépris de la mort ; 2 ° la patience dans la douleur; 3° lafermeté dans les différentes épreuves de la vie; l’habitude decombattre les passions ; 5° enfin la persuasion que la vertu nedoit chercher sa récompense qu’en elle-même. Tout ce que laphilosophie naturelle a de plus beau en métaphysique et en mo-rale s’y trouve embelli par l’éloquence.
Le style des Tusculanes est tantôt concis et sevré, tantôtabondant et riche , toujours approprié h la matière que l’auteur ytraite. Les questions philosophiques qui en font l’objet, les rendentdifficiles, et par conséquent elles exigent une étude particulière.