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Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
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AUTEURS FRANÇAIS. 11 -14. xtv

N ü * 11 , 12. Molière. Le Misanthrope.

Le sujet du Misanthrope est la résolution que prend ALceslcde fuir à jamais le monde, aux vices et aux travers duquel il ne peuts’accommoder. L’objet de Molière est d’y démontrer que la -agesscmeme et la vertu ontbesoin d’une mesure, satis laquelLe elles de-viennent inutiles ou même nuisibles.

La comédie du Misanthrope est en 5 actes. La scène est à Pa-ris, dans la maison de Célimène. Les principaux personnagessont; Alceste , le misanthrope , Célimène, coquette , Arsinoc ,prude, Philinte, ami d’Alceste, O vante , son rival. Les plusbeaux passages sont : la scène entre Alceste et Philinte (act. i ,sc. i), la scène du sonnet (act. i, sc. 2 ), la scène de la médisance(act. ii, sc. 5) , la scène entre Célimène et Arsinoc (act. iii ,sc. 6 ), la scène entre Célimène et Alcc>te (aci. v, sc. 3)

Le Misanthrope , chef-d’œuvre de Molière, parut en 1666 .L’action de cette pièce est simple et peu animée; mais elle estpleine de beautés linos, délicates ou sérieuses. Le poète y a trans-porté sur le théâtre, non pas une coterie, mais la socictépresqueentière. Au milieu d’une foule de personnages, Molière , parune profonde et heureuse conception, a placé un censeur de leursdéfauts, atteint lui-même d’une manie sauvage, qui l’expose juste-ment h la risée de ceux dont il condamnelégitimeuient la conduiteet les discours; mais tandis qu’Alceste , vertueux et inflexible ,gourmande éloquemment les vices qui sont seuls dignes de sa co-lère, Célimène, vicieuse etséduisante, fronde gaiement les ridi-cules qui sont seuls h la portée de sa xAalignité ; en sorte que cesdeux personnages sc partagent la satire de tout ce qui existe.

N u « 15, 14. La Fontaine. Livre l , //, III des Fables.

La Fontaine a publié douze livres de Fables,& ont les premiersparurent en i(5G8; les autres suivirent d’année en année. La du-chesse de Bouillon, en l’appelant fablier , semblait dire qu’ilavait produit des fables comme un arbre produit des fruits; maisLa Fontaine est plutôt un profond penseur, un écrivain réfléchiquoique naturel, en qui le génie fut surtout de savoir cacherl’art. Cette étude profonde de style se révèle partout dans La Fon-taine ; elle se montre dans cette souplesse et cette variété avec les-quelles il prend, dans chaque fable, le ton , l’harmonie, le mou- 'veinent qui conviennent au sujet; dans cet art d’indiquer, d’unmot, les rapports secrets entre les objets les plus éloignés, demêler à une idée riante une idée mélancolique, et un préceptede morale i\ une digression gracieuse. — Il faut étudier avec soinles allusions, les faits mythologiques et historiques, ainsi queles ligures, les images , etc.