lu AUTEURS FRANÇAIS. 47-50.
de Montesquieu, qui eut h lutter contre Polybe, Machiavel,S.-Evremont el Bossuet. Mais Polybe, savant géographe, habileguerrier, négociateur adroit, penseur profond, est un historienprolixe , un écrivain médiocre. Machiavel n’a choisi que quel-ques faits de l’histoire romaine, plutôt comme motifs que commesujet principal de ses réflexions sur la politique. S.-Evremont,plein d’aperçus ingénieux, mais léger d’instruction, n’a'pujuger les faits et les analyser que d’une manière incomplète.Bossuet, qui ne devait considérer l’histoire romaine que commepartie d’un vaste ensemble , n’en a saisi que les principaux traits.Montesquieu est le seul qui ait embrassé ce grand sujet danstous scs détails, le seul qui ait comparé tous les faits avec unelaborieuse sagacité, et un style qui répond à la beauté dusujet.
N os 47, 48. Bujfon. Discours sur le style.
Bu (Ton , auteur d’une Histoire naturelle , des Epoquesde la nature , eic., prononça pour sa réception à l’Académiefrançaise , un Discours sur le style. C’est un admit able morceaude critique. Buflbn y enseigne d’abord comment se trouvent, secoordonnent les pensées; puis comment on les habille et onles colore. Ain&i La pensée serait une chose distincte du style,tandis qu'il ne devrait faire qu’un avec elle , comme dans Pascal,Bossuet, Fénelon , etc. On reconnaît là l’altération du goût quiavait déjà commencé de se manifester au dix-huitième sièeh*.
N os 49, 50. Voltaire. Siècle de Louis XIy,
L e Siècle de Louis XîV est (avec la Vie de Charles XII) lemeilleur ouvrage historique de Voltaire : c’est un beau tableaureprésentant un beau règne. Il y retrace ce dix-septième siècleoù les armes, les lois, l’administration , le commerce, l’indus-trie, les lettres , les sciences el les arts semblent avoir uni toutesleurs palmes pour faire présent à la France d’un immortel fai-sceau de gloire. Ici l’histoire a généralement l’impartialité qui peuts’accorder avec une juste admiration. S’il vante les belles quali-tés et les grandes actions du monarque, il ne dissimule «û sesfautes, qu’il expia par un si noble aveu, ni ses malheurs, qu’ilsoutint avec une si admirable constance, ni les misères de sonpeuple, qu’il s’affligeait tant do ne pouvoir soulager. Le Sièclede Louis XIV est une œuvre patriotique autant que le règnequ’il retrace a été notre plus grande gloire nationale.
Lestyle de cet ouvrage est simple , clair ,élégant,, en un mot,tel qu’il convient à l’histoire.