HISTOIRE ANCIENNE. U. 161
tenter contre ce prince la fortune des armes; vaincu à Thyni-brée (548), assiégé et pris dans Sardes, il fut dépouillé de sesÉtats. Crésus, dans la prise de Sardes, avait été sauvé par sonfils, muet de naissance. Les soldats de Cyrus se répandaientavec furie dans la ville; l’un d’eux rencontre le roi vaincu qu’ilne connaît pas, et lève son sabre pour l’immoler; le liis muetaperçoit le glaive fatal; un effort soudain, tel que l’inspire latendresse filiale, rompt les liens de sa langue : Soldat , s’écrie-t-il, ne tue pas Crésus . Le guerrier s’arrête à ce cri du cœur,et Crésus échappe h la mort pour perdre la liberté (547)-
Crésus fut, dit-on, condamné par Cyrus à périr dans lesflammes. Déjà s’élevait le bûcher ; Crésus y monte , et le souve-nir de Solon dont il avait autrefois méprisé les leçons, se présen-tant à son esprit, il s’écrie trois fois: Solon! Solon! Solon!Cyrus, surpris de cette exclamation, se la fait expliquer; soncœur s’émeut à la vue de l’incertitude des choses humaines, etCrésus est épargné. Tel est du moins le récit d’Hérodote.
2. Histoire des Mèoes jusqu’à Cyrus (759-536). Arbacès,satrape des Mèdes, qui , de concert avec Bélésis , gouverneur deBabylone (p. 1 58), avait détrôné Sardanapale, roi d’Assyrie ( 759 ),régna vingt-six ans sur la Médie, qu’il laissa à sa mort, sansaucune forme de gouvernement. L’anarchie démocratique quisuivit sa mort, engagea les Mèdes à se choisir pour roi le sageDéjocès, l’un de leurs juges (733). Ce prince bâtit Ecbataneaux sept enceintes, et, peu jaloux des conquêtes, il ne s’oc-cupa qu’à civiliser ses sujets. Phraorte , son fils, aussi belliqueuxque son père était pacifique, soumit les Perses et l’Asie Mi-neure jusqu’au fleuve Hafys ; mais il fut défait, pris et tué parNabuchodonosor I er , roi de Ninive. Cyaxare 1 er , fils de Phraorte,le vengea d’abord par une victoire, et lorsqu’il eut chassé deses Etats les Scythes qui les avaient envahis, il se ligua contreles Assyriens avec Nabopolassar, gouverneur de Babylone, etdétruisit Ninive de fond en comble (625). Astyage, fils et suc-cesseur de Cyaxare, se contenta de jouir en paix du trône, etle laissa florissant h Cyaxare II, qui, grâce h. la valeur du jeuneCyrus, son neveu, triompha des Babyloniens et de Crésus.Cyrus même, après une longue suite de victoires, s’empara de
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