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les Athéniens, leur prescrivit des expiations, et leur donna quel-ques règlements qui ne calmèrent que momentanément les es-prits, et l’on ne vit plus de salut que dans la sagesse et le géniede Solon (598).
Législation de Solon. Solon, l’un des sept Sages de la Grèce,était, par la réunion des qualités les plus rares, le seul législa-teur qui convînt h ce moment de crise. Il apaisa d’abord la fu-reur des partis, d’un côté parle maintien des propriétés entreles mains des possesseurs actuels, de Vautre par l’abolition desdettes et l’élargissement des débiteurs. Il ménagea toutes lesprétentions par un gouvernement mixte. Les Athéniens furentdistribués en quatre classes, d’après la quotité de leurs revenus.Les trois premières furent seules admises aux magistratures dequelque importance ; la quatrième, toute composée de pauvres,n’obtint que l’entrée des tribunaux inférieurs. Solon, pour ladédommager, lui laissa le droit de suffrage dans les assembléespubliques où se décidaient les grands intérêts de l’Etat. Un sénatde quatre cents membres annuels devait discuter les affairesavant de les soumettre h la sanction du peuple , et l’Aréopage ‘,où Solon n’admit que les archontes sortis de charge, pouvaitréviser et même casser au besoin les décisions souvent aveugleset précipitées de la multitude. Malgré celte double précaution,Télément démocratique, qui dominait dans la constitution, finitpar dominer dans l’Etat.
Les PisistpvATides. Solon , connaissant la mobilité des Athé-niens , ne leur fit jurer que pour cent ans l’observation de seslois ; il s'éloigna pendant dix ans de sa patrie ; mais, à son re-tour, il la trouva en proie aux trois anciennes factions. Les Eu-patvides avaient pour chef Lycurgue • les Riverains, Mégaclès,et les Montagnards, Pisistrate ( 566 ). Ce dernier, riche, géné-reux, populaire, possédant l’art d’éblouir et de tromper, se fitporter un jour tout blessé sur la place publique et donner des
1. L’Aréopage était aussi un tribunal de justice. Il ne tenaitses séances que la nuit ou dans les ténèbres, pour que rien 11edétournât l’attention des juges. Pour le même motif, il n’étaitpermis à l’orateur que d’exposer la vérité toute nue, sans orne-ment ni digression.