HISTOIRE ANCIENNE. ÎÜ. 191
chassé, pour ses désordres, de Sparte * qu’il servait contre sa pa-trie. Retiré près de Tissapherne, gouverneur de Sarcles pour leroi Darius II, il lui persuada de tenir la balance égale entre lesdeux partis, afin de les détruire l’un par l’autre. Cependant soncœur commençait à s’émouvoir sur les maux dont il était la cause ;pour y mettre fin , il fait des ouvertures à l’armée athénienne deSamos. On le proclame généralissime ; l’arrêt de son exil est ré-voqué ; tout va changer de face. Vainqueur dans cinq combats ,tant sur terre que sur mer ( 7 j 10), Alcibiade rend à sa patrie l’em-pire de la mer, se fait respecter des satrapes persans, etréduit lesSpartiates à demander la paix. Les Athéniens la leur refusent:Alcibiade poursuit le cours de ses succès, rentre triomphant dansle Pirée ( 4 U 7 )? et redevient l’idole du peuple.
Sparle élit alors pour amiral l’habile et rusé Lysandre, quicapte la confiance et les trésors d’Artaxerxès Mnémon, roi dePerse (p. 168). Tandis qu’Alcibiade cherche de son côté de l’ar-gent en Ionie, l’un de ses lieutenants, malgré l’expresse défense dugénéralissime, attaque le général Spartiate, qui le bat. Ce légeréchec fait déposer Alcibiade ; on le remplace par dix généraux quiremportent sur Callicratidas , successeur de Lysandre, la victoirecélèbre des Arginuses ( 4 ° 6 ); mais la tempête les empêche derendre les derniers devoirs aux morts, et la cruelle ingratituded'Athènes les punit du supplice ou de l’exil. Sparte comprend lafaute de sa rivale, et remet Lysandre h la tête de sa flotte. Ly-sandre va s’emparer de Lampsaque. Les Athéniens se livrent sousses yeux, malgré lesavisd’Alcibiade à des imprudences funestes.En effet, il les surprend près du petit fleuve Ægos-Potamos, dé-truit presque tous leurs navires, et leur fait trois mille prison-niers Delà, se dirigeant vers Athènes, qu’il trouve sans
troupes, sans vaisseaux, sans vivres, il se rend maître de la ville,en démolit les murailles, renverse les fortifications du Pirée,force les Athéniens à recevoir une garnison lacédémonienne,leur impose trente magistrats, si connus sous le nom des trentetyrans , et conduit en triomphe dans la Laconie les galères cap-tives, les dépouilles des vaincus et six millions; mais en intro-
ït IL fut tue quelque temps après, par les sicaires du satrapePbarnahaze , à l’instigation des Trente.