^4 HISTOIRE ROMAINE, 20.
q. Fondation de Rome (753). Romuius et Rénius n’avaientjusqu’alors voeu que de brigandages. Le partage qu’ils faisaientdu butin , attirait près d’eux une jeunesse dont le nombre crois-sait de jour en jour. Les deux frères conçurent alors le projetde bâtir une ville, poui réunir en corps de nation les campa-gnons de leurs aventures. Egaux en droits, mais avides de ré-gner à l’exclusion l’un de l’autre, ils ne tardèrent pas à sebrouiller, et la querelle finit par la mort de Rémus, que Romu-ius tua de sa propre main. Le meurtrier donna le nom de Romeà sa ville. Pour la peupler, il en fit un asile ouvert à tout ve-nant, et bientôt on y vit accourir des gens accablés de dettes,des esclaves fugitifs, des mécontents, des malfaiteurs de touteespèce. Tels furent les ancêtres des conquérants de l'univers.
3. Histoire de Rome sous les rois; dynastie latino-
TROYENNE ( 753 -(n 4 ) • REGNE DE ROMTJLüS RoniU-
lus sc fit reconnaître , par sou Etat naissant, chef de la religion,souverain magistrat de Rome et générai de l’armée. Il divisale peuple en trois tribus , et chacune des tribus en dix curies ;il créa, pour partager avec lui l’administration publique, unsénat de cent membres, que leur âge fit appeler Pères (patres),et pour garder sa personne, un corps de trois cents cavaliers,origine dos chevaliers romains. Les premiers sénateurs ou pèresformèrent, sous le nom de patriciens , l’ordre de la noblesse liéréditairc; tous les autres citoyens formèrent l’ordre du peuple,sous le nom de plébéiens '. Pour prévenir les divisions desdeux ordres , Romuius établit entr’eux, sous le nom de patro-nage et de clientclle , des rapports nécessaires de bienveillance,un échange de services réciproques. Cependant un grand nom-bre de citoyens manquaient de femmes. Romuius proposa desalliances aux Sabins, qui joignirent l’insulte au refus. Les Ro-mains enlevèrent, au milieu d’une fête, les Sabincs (749)5 et ce
1. Aux patriciens seuls étaient réservés le sacerdoce, la judi-cature, toutes les charges civiles et militaires, etc. Les plébéiens*partageaient avec eux la puissance législative, le droit de suf-frage pour l’élection du monarque et des magistrats , la décision■ fie la guerre ou fie la paix ; mais les curies ne votaient que l’uneaprès l’autre, et les résolutions de la majorité étaient soumises'à la ratification du sénat.