Buch 
Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
Entstehung
Seite
250
JPEG-Download
 

a5o HISTOIRE ROMAINE. 28.

gable qui ne redoute aucun effort. Leur persévérance dans l’é-tude de l’art militaire et la persuasion où ils étaient qu’il restetoujours quelque chose h apprendre , les ont rendus invincibles.

Le secret des opérations était si bien gardé, que le soldat sou-vent ignorait quel était l’ennemi qu’il aurait à combattre ; des’projets d’attaques simulées déjouaient tout espionnage. Le gé-néral prenait le tou de la confiance qu’il voulait inspirer à sonarmée, et ne négligeait pourtant aucune précaution ; il préféraitles mouvements les moins vraisemblables, afin de tromper l’en-nemi , et les entreprises les plus difficiles, afin de réveiller l’é-nergie du soldat. L’armée marchait d’ordinaire en colonnes :elle se formait en ordre de bataille ( iriplici acie ) quand ellecraignait une attaque, ou bien quatre colonnes mettaient lesbagages au milieu d’elles (quadrato agmine)» Forcée à la re-traite, elle formait deux carrés longs, précédés et suivis decorps de réserve, au moyen desquels elle pouvait au besoin scranger en cercle (in orbeni ), afin d’obvier à la faiblesse des an-gles. Les bagages étaient peu considérables ; chaque homme por-tait ses provisions, et l’on construisait les machines de guerresur place. Les guerres , à cette époque, étant nationales, et toutcitoyen étant soldat, les Romains trouvaient un ennemi danschaque habitant du pays qu’ils attaquaient ; mais, par leur disci-pline sévère, ils savaient gagner l’affection des paysans et faci-liter leurs approvisionnements. Le sénat avait soin de donneraux nations vaincues des chefs qui devaient tout à la République,et qui ne pouvaient conserver leur pouvoir qu’en lui restantfidèles ; il se gardait de pousser les nations au désespoir, et leurlaissait assez de richesses pour les attacher par des chaînes d’orh leurs nouveaux souverains.

Les généraux romains, avant de sc déterminer au combat,calculaient les probabilités du succès et consultaient la disposi-tion des légions; iis animaient les troupes en leur annonçantla volonté des dieux par l’inspection des victimes, par le voldes oiseaux, par les poulets sacrés et par d’autres augures. Lesacerdoce étant réuni aux dignités politiques et militaires, c’é-taient les chefs de l’Etat qui dirigeaient les sacrifices ; ils négli-gèrent ce moyen de gouverner lorsque le respect pour la religioncommença à s’affaiblir.