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porta sur les prisonniers. TIannibal en égorgea trois mille (4°^)*Himilcon, son parent, alla jusqu’à détruire les tombeaux; maïsil fut bientôt puni de son impiété : la peste décima ses troupes , etRenys l’Ancien détruisit sa flotte. Sous Renys le Jeune, les Car-thaginois revinrent assiéger Syracuse; mais Timoléon les re-poussa glorieusement (3^3). Trente-trois ans après, ils reparurentencore devant la ville, et déjà même ils étaient sur le point de laprendre , lorsque l’audacieuse expédition d’Agathocle en Afriquedélivra de nouveau Syracuse (p. 222). Pyrrhus, roi d’Epire, eutà la garantir d’une dernière invasion, et c’estquelque temps après,que la possession de la Sicile mit aux prises Rome et Carthage (26^).
2. Constitution et mœurs de Carthage , etc. Tandis quele gouvernement de Rome était plutôt aristocratique que démo-cratique, celui de Carthage était un mélange du pouvoir royal,du pouvoir aristocratique et du pouvoir populaire. Le premierétait représenté par deux suffetes , magistrats annuels , qui prési-daient aux délibérations publiques, jugeaient les procès impor-tants, et commandaient quelquefois les années; le second, parle sénat , qui traitait les grands intérêts de l’Etat, prononçait lapaix ou la guerre , et décidait sur les aflàires en dernier ressort,si les suffrages étaient uniformes; le troisième, par le peuple, qui,moins turbulent que celui de Rome, ne prenait part aux affairesque lorsque le sénat était divisé de sentiment. Aussi, pendant cinqsiècles, Carthage ne vit-elle son repos troublé par aucune révolteconsidérable, ni sa liberté longtemps opprimée par aucun tyran.
Outre ces trois autorités , qui se balançaient l’une l’autre , lesCarthaginois instituèrent, au 6 e siècle , un tribunal de cent qua-tre membres qui veillait sur le sénat et sur le* suffètes, faisaitrendre compte aux généraux de leur conduite, et punissait leursrevers avec la même rigueur que les crimes.
La force militaire de Cartilage consistait en rois alliés, en peu-ples tributaires, dont elle tirait des troupes et de l’argent, enune faible milice citoyenne, et surtout en soldats mercenairesqu’elle achetait tout formés, tout aguerris, dans les Etats voisins,tandis que chez les Romains tout citoyen était soldat, et qu'onn’v connaissait point les mercenaires.
Les Carthaginois avaient dans les mœurs quelque chose d’ans-
j. On dit simplement le tribunal des Cent.
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