HISTOIRE ROMAINE. 20. «65
tère de sauvage ei de cruel ; mais ce qui les distinguait, c'était lafinesse, la ruse, la fourberie : de telle sorte que, pour désignerla mauvaise foi, on disait proverbialement mie foi carthaginoise(Jides punica)- Ce caractère national avait principalement sasource dans le goût exclusif de ce peuple pour le commerce , queles Romains laissaient aux esclaves. L’éducation des jeunes gensétait toute marchande ; pour la plupart, elle sc bornait à récri-ture, au calcul, à la tenue des registres et des comptoirs. Dansune existence de sept siècles et demi, Carthage ne présente aucunliomme éminent dans les sciences ni dans les lettres, si l’on ex-cepte le poète comique Térence, qui, transporté de bonne heureà Rome comme esclave, appartient, en qualité de littérateur ,à sa patrie adoptive.
3 . Rome et Carthage se rencontrent en Sicile. — Premièreguerre punique (264-2 / |i). Rome et Carthage, républiques con-quérantes, convoitaient toutes deux la Sicile qui convenait à Tunecomme à l’autre , lorsque les Mamertins , brigands sortis du Bru-tium, s’emparèrent de Messane (Messine), et, par peur des Car-thaginois, se mirent sous la protection des Romains ( 264 ). Tellefut l’occasion de la première guerre punique.
Le consul Appius Claudius passe en Sicile sur de mauvaisesbarques, et s’y distingue par des exploits; mais il fallait à Romeune marine. Une galère carthaginoise, échouée sur les côtes d’Ita-lie, sert de modèle ; et deux mois suffisent pour équiper uneflotte de cent vingt vaisseaux. Ils étaient lourds, et la manœuvreen était difficile ; Duiliusles arme de corbeaux , machines propresà accrocher les vaisseaux ennemis et h former une espèce de pont’*levispour l’abordage. Il gagne ainsi la première bataille que lesRomains livrent sur mer (260). La Sardaigne, la Corse, unepartie de la Sicile tombent en leur pouvoir (269-258). Réguluspasse ensuite en Afrique , et s’avance par des victoires jusqu’àCarthage, qu’il réduit h l’extrémité, sans vouloir écouter ses pro-positions de paix. Carthage alors confie sa défense au lacédémo-nien Xanthippe, qui bat et prend Régulus ( 255 ). Deux flottes ro-maines périssent dans une tempête ( 255 - 253 ). Avec une troisièmeplus heureuse , Mélellus , vainqueur des Carthaginois à Panorme,investit la forte place de Lilybée. Carthage envoie Régulus àRome, sur sa parole, pour négocier l’échange des prisonniers;mais il aime mieux retourner dans les fers où l’attendent d’hor-