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Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
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î<56 HISTOIRE ROMAINE. 51. 52.

fureur se jeta sur eux et les massacra. Métellus fut rappelé,et Marins passa en Asie pour n’étrepas témoin du retour glorieuxde cet illustre patricien (99).

N° 32.

Changements dans la constitution intérieure de Rome.Histoire et tribunat des Grecques. Multiplication desesclaves et des affranchis. Invasion des Latins et des Ita-liens dans la cité . Commencement de Vordre des chevaliers.

Changements dans la constitution intérieure de Rome.C’est du tribunat des Graeqiies que datent les changements in-troduits dans la constitution intérieure de Rome.

Etat de Rome au temps des Gracques. Multiplicationdes esclaves et des affranchis (i34). Les querelles des deuxordres avaient été suspendues par les guerres étrangères; mais leprincipe en subsistait encore, et quoique les plébéiens eussentremporté de grands avantages sur les patriciens, le petit peuplen’en était pas moins h plaindre. Depuis plus de deux siècles etdemi, la loi Licinia sur les propriétés, dont elle limitait l’éten-due, n'était plus observée (N° 27 ,p. 2^3). Loin de se contenterde cinq cents arpents de terre, la noblesse étendait, sans mesure,ses possessions. Les campagnes, autrefois habitées par les plusillustres Romains, étaient remplies d'esclaves qui les cultivaientpour leurs maîtres , sans participer en rien au service des ar-mées. Le peuple, destiné h la défense de la patrie, ne possédaitrien, et cependant la puissance du parti démocratique était re-doutable par l’énorme accroissement de la population , par lenombre prodigieux des affranchis, qui, quoique étrangers, com-posaient en grande partie ce qu’on nommait alors le peupleromain. Dans cet état de choses, deux frères d’un mérite dis-tingué, Tibérius et Caïus Gracchus, plus connus sous le nom deGracques , tentèrent une réforme téméraire, signal de ces guerresciviles qui noyèrent la liberté dans le sang des citoyens.

Ces deux frères, petits-fils, par Cornélie leur mère, du pre-mier Africain (p. 259), le vainqueur d’Hannibal, avaient reçu decette illustre et passionnée républicaine une éducation brillante,mais empreinte d’un farouche patriotisme. Ils avaient surtout letalent de l’éloquence, si propre k gouverner la multitude.