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Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
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HISTOIRE ROMAINE. 52. 269

Tribunat de Tibérius Gracchus (i33). Tibérius briguala charge de tribun du peuple, dans l’unique but de s’opposeraux intérêts de la noblesse (i33). Pour premier acte de sacharge, il demande le renouvellement de la loi Licinia. Son col-lègue Octavius, gagné par le se'nat, s’y oppose. Le Gracqueaudacieux le fait déposer par toutes les tribus assemblées, don-nant par lh l’exemple de violer l’inviolabilité du tribunat. Laloi Licinia passe ainsi par la force ; mais les riches en entraventl’exécution. Tibérius demande, contre les règles, d’être conti-nué dans le tribunat, alléguant qu’on en veut h sa vie. Le sénatprend alors le parti de la violence ; il monte au Capitole, où setenait une assemblée prête à proroger la charge de Tibérius.Averti du danger qui le menace , Tibérius porte la main h satête, pour faire un appel aux bras de ses amis ; c’était le signaldont ils étaient convëïlüs.' Ses adversaires s’écrient qu’il de-mande le diadème. Scipion Nasica, parent du tribun, entraîneles sénateurs et leurs clients contre Tibérius , qui meurt as-sommé près de la tribune, avec plus de trois cents de ses amis :exemple d’autant plus terrible, que jusqu’alors aucune séditionn’avait fait couler le sang romain.

Tribunat de Caïus Gracchus : invasion des Latins et desItaliens dans la cité ; commencement de l’ordre des che-valiers ( 123-122). Caïus Gracchus, plus jeune que Tibérius deneuf ans, n’avait point eu de part à la fatale sédition ; il passamême plusieurs années sans se déclarer ouvertement le vengeurde son frère et le continuateur de ses projets ; mais il fit agir pourlui les tribuns. Enfin il paraît sur la scène. Avec Carbon et Fui-vius Flaccus, il préside à la distribution des terres. Le secondAfricain, le destructeur de Carthage et de Numance(p. 26 ^), pro-pose une dictature, et le lendemain on le trouve étranglé dans sonlit (ï3o) , sans que ni le sénat ni le peuple réclament une in-formation sur sa mort. Bientôt après, Caïus, fort de l’amourque lui porte le peuple, et sourd aux alarmes de sa mère , as-pire au tribunat. Il l’obtient (123), et il étend tellement le plande son frère, qu’il le rend très-dangereux non-seulement pourl’aristocratie, mais aussi pour l’État. Il fait établir des distribu-tions régulières do blé au pauvre peuple ; il forme des chevaliers(ordre équestre) un corps politique capable de contrebalancer