HISTOIRE ROMAINE. 52 . 55 .
le sénat, en leur conférant le droit de rendre la justice (judicia )qu’il enlève au sénat; il établit des colonies non-seulementdans la Campanie, mais aussi hors de l’Italie, à Carthage ; enfin,chose bien plus importante, il fait participer les Latins et lesItaliens atix droits de citoyens romains et particulièrement àcelui de suffrage. Le consul Fannius les fait chasser de Rome,sans que Caïus réussisse à les retenir. Dès lors son crédit com-mence à déchoir. Les sénateurs en profitent pour opposer factionà faction. Le tribun Livius Drusus propose des lois encore pinspopulaires que les siennes , et cette politique singulière réussitpleinement. Caïus échoue dans la demande d’un troisième tri-bunat ; mais il fallait détruire toutes les lois du tribun. Opimius,son ennemi mortel, nommé consul, en propose l’abolition. Un deses licteurs est tué par les partisans de Caïus. Le sénat investitOpimius du pouvoir suprême, par la formule ordinaire videret(p. 267). Bientôt on se bat dans les rues de Rome ; la tête deCaïus est mise à prix ; abandonné par une lâche multitude, il se faittuer par un esclave. L’un de ses plus zélés partisans, nommé Septi-inuléius , s’empare de sa tête , et, pour la rendre plus pesante ,en ôte toute la cervelle , la remplit de plomb et la porte au con-sul, qui lui compte dix-sept livres pesant d’or (122).
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1. Guerre sociale. — 2. Rivalité de Marius et de Sylla . «—3 . Victoires de Sj'Ua sut' Mithridatc. — 4 * Continuationde la guerre civile jusqu'à la mort de Serlorius.
De 96 à 73 ap. J.-C., espace de 23 ans.
On appelle guerre sociale la guerre que les Italiens firent auxRomains pour obtenir le droit de cité.
1. Guerre sociale (96-89). Les consuls Licinius Crassus etMucius Scévola venaient de porter une loi (96) pour arrêter lesfréquentes usurpations du droit de citoyen romain. Le tribunLivius Drusus, homme de naissance et de talent, forma le projetchimérique de satisfaire h la fois les alliés et tous les ordres del’Etat. Aux sénateurs, il voulait rendre les jugements que lesGracques avaient transférés aux chevaliers (p. 260); aux cheva-liers , le partage de la dignité sénatoriale ; au peuple, les distribu-tions de grains et de terres ; aux Italiens, le droit de bourgeoisie,