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Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
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«86 HISTOIRE ROMAINE. 36. 37.

néanmoins s’épuisait en flatteries : statues, fêtes, sacrifices, i!Uu- prodigua tout; il le déclara généralissime de tous les forcesde la République, soits le titre à? Imperator ( Empereur) , pèrede la patrie, dictateur perpétuel. Si l’intention des sénateursétait de le rendre odieux , César au contraire travailla plus quejamais à se concilier les cœurs et les esprits ; il renvova sesgardes, refusa toute espèce de proscription , releva les statues deson rival, augmenta le nombre des magistratures, pour multi-plier les récompenses, et plusieurs de ses anciens ennemis eu-rent part h ses bienfaits. Mais il eut le malheur de mépriser unsénat méprisable, et le faible d’ambitionner le titre de roi,lorsqu’il en avait tout le pouvoir. Marc-Antoine essaya plu-sieurs fois publiquement de lui placer le diadème sur la tête ;mais le peuple murmura ; des sénateurs conspirèrent, entr’autresCassius et Brutus, son fils adoptif, et le plus grand des Romains,le i5 mars de l’an 44 ^ a ^ a tomber, percé de vingt-trois coupsde poignard, aux pieds de la statue de Pompée.

37 .

I. Etat de Rome après la mort de César. — 2 . Second trium-virat; partage du monde romain, —Z. Guerre civile .—

4- Bataille d’Actium. — 5. Empire.

De 44 a 3o av. J.-C., espace de 14 ans.

1 . Etat de Rome après da mort de César ( 44 )» Dès queCésar eut expiré, ses meurtriers , à la tête desquels se trouvaientCassius et Brutus, parcoururent la ville, le poignard h la main,criant que le roi de Rome n’était plus. Quelques patriciens sejoignirent à leur bande homicide; mais le peuple resta muet etconsterné. Les conjurés, qui n’avaient formé de plan que pourla conspiration, se retirèrent au Capitole. Marc-Antoine,chargé comme consul d’exécuter les actes du dictateur, se saisitde ses registres, gagna son secrétaire, et y fit écrire tout cequ’il voulut. Il lut ensuite au peuple le testament de César, oùquelques-uns de ses meurtriers étaient nommes avec honneur,où chaque citoyen avait un legs considérable. La tendresse, lareconnaissance pénétrant les cœurs, il acheva de les embraserpar un discours pathétique, et l’impression en fut telle, que la