HISTOIRE ROMAINE. 57. 387
multitude en furie mit le feu aux maisons des conjures. Ceux-cisortirent de Rome pour se retirer dans les gouvernements qu’ilstenaient de leur victime elle-même : Brutus en Macédoine,Cassius en Syrie, Dccimus Brutus dans la Gaule cisalpine ;,mais à peine furent-ils partis, qu’Antoinc les fit priver par lepeuple de leur commandement.
Un jeune homme de dix-huit ans parut tout à coup sur la scène ;c’était Octave, petit-fils de Julie, sœur de César. Le dictateur,son grand-oncle, l’avait, dans son testament , adopté pour iilsavec les trois quarts de sa succession. Sur le refus que fit Antoinede lui remettre l’argent de César, il vendit son patrimoine pouracquitter les legs testamentaires ; il s’attacha par là le peuple etl'irrita contre son rival.
Deux partis divisaient alors l’empire, l’un des assassins, l'autredes prétendus vengeurs île César. Entre ces deux factions, iln’y avait qu’une seule route h prendre, c’était de les détruire l’unepar l’autre. Octave, déjà politique adroit et profond ^ le prend.Il s’attache d’abord Cicéron par des caresses fallacieuses, et parCicéron, la plus grande partie îles sénateurs et des chevaliers ; ilse concilie la multitude par des largesses, des jeux et des fêtes.Antoine , dont le crédit tombe, se brouille avec Octave, et se faitdonner le gouvernement de la Gaule cisalpine. Soutenu par Lépi-ilus, ancien général de César, il va bloquer Décimus Brutus dansModènc, tandis qu’à la voix de Cicéron , qui prononce contre luises Pkilippù/ues , le sénat le déclare ennemi de l’État, et livre nufils adoptif de César les forces de la République. La victoire se dé-clare pour Octave. Il rentre à Rome avec huit légions et se faitdonner le consulat, malgré le sénat, qui commence à le négli-ger. Une loi curiate ratifie son adoption; fils reconnu de César,il veut en être le vengeur. L’exil et la confiscation sont prononcés,par contumace, contre ses meurtriers. Pour exécuter cet arrêt, ilavait besoin d’Antoine et de Lépidus ; il se ligue avec eux.
2. Second triumvirat : partage du monde romain ({3).Octave les joint près de Bologne. La conférence dure trois jours.Ils conviennent de partager entre eux le pouvoir suprême pourcinq ans, sous le nom de triumvirs (43) ; c’est ce qu’on appellele second triumvirat . Lépidus doit surveiller Rome; les douxautres iront combattre les conjurés; mais auparavant ils ester-