HISTOIRE ROMAINE. 41 . Bot
posé sur les annales romaines une épopée en dix-huit chants,dont il reste quelques fragments précieux. Dans un secondpoème épique, il chanta Scipion (le premier Africain). Il avaittraduit envers plusieurs poèmes grecs, philosophiques et didac-tiques; enfin il fit connaître aux Romains, par des imitationslibres, plusieurs chefs-d'œuvre du théâtre grec, entre autresVHècube et la Médèe d’Euripide. Moins ancien d’une généra-tion, Térence avait débuté, l’an, 166, par VAndrienne , qui futsuivie, l’an i 65 , de la chute de YHécjre^ dont la reprise n’eutpas plus de succès quatre ans plus tard. Les Romains se monti è-rent moins injustes pour V fleautontimorumenos (i 63 ), le Phov-mion (162), l 'Eunuque (161) et les Adelphes (160). Les Adci-phes furent la derniere pièce de Térence, qui mourut jeune^l’an 160. 11 avait trouvé dans Scipion Emilien et dans Lélius lanoble protection que Caton et Scipion l’Africain avaient accor-dée à Ennius.
Paul-Émile apporta de la Grèce la première bibliothèque quel’on eût vue à Rome. Q. Marcius Philippus , pendant sa censure,l’an 164, fit faire le premier cadran solaire sur le méridien deRome. Quatre ans apres, le censeur Scipion Nasica y porta lepremier clepsydre (i 5 c>). Déjà Rome s’ornait de fastueuses basi-liques : ses édifices publics et sacrés s’embellissaient des chefs-d’œuvre de la Grèce; la Minerve de Phidias fut placée dans letemple de la Fortune. Un architecte romain, Cossutius, futchargé par Antiochus IV Épiphane d’achever le temple de Mi-nerve à Athènes.
Polyhe, qui avait été le maître et l’ami de Scipion, composaitalors cette belle Histoire romaine dont il reste des fragments as-sez étendus. Le stoïcien Panétius, dont Cicéron fait si souventl’éloge, était, ainsi quePolybc, dans la ville comme à la guerre,le compagnon inséparable du vainqueur de Carthage.
A cette époque, Rome continua à s’embellir des chefs-d’œuvrede la Grèce. Après la prise de Corinthe, on y transporta Icaquatre chevaux, de bronze, ouvrage de Lysippe, encore exi-stants, et que les chances de la guerre avaient, au commence-ment de ce siècle, amenés au sein de notre capitale.
Caton l’Ancien mourut dans l’année qui suivit la ruine deCarthage (1 45 ) ; ses écrits lui ont mérité une place parmi les pre-