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Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
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HISTOIRE ROMAINE. 41. 3o3

vit, d’un style que les Latins comparaient à celui de Xénophon,l’Histoire de son consulat ou de l’année io3, où Marius défit lesTeutons à Àix 3 enfin L. Sisenna , qui reprit les annales de Romedepuis la prise de cette ville par les Gaulois , jusqu’aux guerresde Sylla. On l’estimait plus que tous les autres historiens quil’avaient précédé 3 ce qui fut cause que Varron intitula Sisenna sonTraité sur l’histoire. Le même Sisenna commenta Plaute. M. Æmi-lius Scaurus , célèbre par son éloquence et par sa fermeté, maisdont la vertu 11 e tint pas contre l’or de Jugurtha (p. 266 ), ré-digea , vers l’an ii 5, ses Mémoires, qui, scion Tacite, passaientpour très-fidèles. On doit en regretter la perte, et encore pluscelle des Mémoires du dictateur Sylla, dont le génie universelembrassait tout. Ces Mémoires furent publiés par son affranchiCornélius Epicadius. Un autre affranchi, L. Ottacilius Pilitus ,qui enseigna la rhétorique au grand Pompée , avait écrit les ac-tions de Cn. Pompéius Strabon , père de son disciple. C’est aussil’époque où fleurirent Valérius d’Àntium, C. Licinius Macer,et Q. Quadrigarius, dont les ouvrages sont si souvent cités parTite-Live.

L’éloquence romaine avait été cultivée avec succès dès l’ori-gine de la République, parce qu’elle menait à la considéra-tion et aux honneurs ; mais elle n’avait pas encore été érigéeen art qu’on enseignât dans les écoles. Les deux Gracques ,L. Licinius Crassus, Marc-Antoine et Sulpicius Galba,dans ce genre, avaient dû leurs succès plutôt à la natureet h l’habitude de la parole, qu’à de sérieuses méditationssur les principes. Dès l’an i58 , le grec Carnéade avaitouvert une école d’éloquence et de philosophie 3 mais ce nefut qu’un demi-siècle après, qu’il exista dans cette ville desécoles particulières de rhétorique latine. L. Plotius Gallus fut,vers l’an g5, le maître de Cicéron. Nommer ce grand homme ,qui eutllortensius pour rival, c’est dire que l’éloquence romaineétait arrivée à sa perfection.

La philosophie grecque, que plusieurs décrets du sénat avaientvainement essayé de bannir de Rome, comptait parmi ses secta-teurs les plus illustres citoyens. Scipion Æmilien, L. Furius,C. Lélius , s’étaient attachés à la philosophie du Portique,tans pourtant souscrire à tous les principes de Zenon. La philoso^