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Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
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3o f t HISTOIRE ROMAINE. 41.

phie stoïcienne, dont la sévérité convenait au caractère grave desRomains, fut appliquée par les jurisconsultes à l’étude du droit,entre autres par Q. Ælius Tubéron, parSext. Pompéius, L’oncledu grand Pompée, par P. Rutilius Rufus, et par Q. MuciusScævola , surnommé le grand-pontife , pour le distinguer de soncousin l’augure, qui portait les mêmes noms. P. Rutilius Rufus,consul l’an 106 , est le même qui fut exilé pour prix do sa sévé-rité envers les chevaliers romains fermiers de la République. Levainqueur de Mithridate, L. Licinius Lucullus , se livrait, dansune autre direction , h l’étude de la philosophie. Sans s’attacherexclusivement à aucune secte, il préférait la doctrine de l’an-cienne Académie.

Cependant, dans un poème didactique intitulé de la Naturedes choses , Lucrèce exposait avec précision les principes dan-gereux de la philosophie d’Epicure. Ce poète, né l’an 95 deRome, onze ans avant Cicéron, mourut volontairement l’an 5o.Les opinions manifestées par Lucrèce étaient les mêmes que Ci-néas avait exposées devant le vertueux Fabricius, dont les crain-tes ne se trouvaient que trop bien réalisées : car ces doctrinesétaient alors adoptées par presque tous les grands de Rome *.

Après la chute de la République, les Romains retrouvèrentdans la gloire des lettres quelque dedommagement h la perte deleur liberté. Durant la dernière partie de sa longue carrière, Ci-céron s'était montré égal h lui-même dans ses admirables orai-sons sur son retour, pour Milon, pour Marcellus, pour Liga-rius, et dans ses véhémentes Philippiques contre Antoine. Cefut alors qu’il publia ses divers traités d’éloquence; ses écritsphilosophiques furent pour lui comme le chant du cygne. Enfinsa correspondance nous révèle son âme tout entière, en memetemps qu'elle est le plus précieux monument historique de l’é-poque. Dans ces dernières années de la République florissaient lepoète Catulle, le biographe Cornélius Népos , le docte Varron ,l’aimable et savant Pomponius Atticus, l’architecte Vitruve,

1 . « Je crois, dit Montesquieu, que la secte d’Epicure, quis’introduisit â Rome sur la fin de la République, contribua beau-coup h gâter le cœur et l’esprit des Romains. Les Grecs en avaientété infectés avant eux .* aussi avaient-ils été plus lot corrom-pus. » (Gr. et déc. des Rom. 9 ch. 47*)