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Nouveau manuel complet et méthodique des aspirants au baccalauréat ès-lettres : rédigé d'après le programme du 14 juillet 1840 / par Em. Lefranc
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33o HISTOIRE ROMAINE. 48.

Les Ariens, ainsi condamnes, se divisèrent en semi-ariens , qui re-connaissaient la consubstantialité du Fils et duPère, et en pneu-matomaques , qui niaient la divinité du Saint-Esprit ; ces deuxsectes se combattirent dans des écrits, dans des conciliabules,lorsque le règne de Julien interrompit cette guerre civile, maispour livrer l’Eglise aux vengeances des sophistes et de l’idolâtrie.

Le paganisme était abattu, mais non détruit. Les philosophespaïens séduisirent Julien, par leurs flatteries et par les artifices dela tbéurgie. Initié â leurs prétendus mystères dans les cavernesd'Ephèseet d’Eleusis, ils en firent le plus fanatique partisan dessuperstitions et des fourberies de la secte théurgique. A peine surle trône, il ne réva que le rétablissement du polythéisme : il ap-pela de toutes parts les poètes , les rhéteurs, les sophistes, etl’on ne vit plus que de Longues barbes à la cour; il rétablit lestemples et les fêtes du paganisme, releva l’autel de la Victoire hRome , reprit le titre de grand-pontife , consultant tous les ora-cles , faisant lui-même des sacrifices, inspectant les entrailles desvictimes, entouré d’une troupe licencieuse de pontifes, de prê-tresses et d’aruspices étrusques ; il employa contre les chrétiensles libelles, les confiscations, les tortures et l'éternelle inimitiédes Juifs ; enfin , pour convaincre le christianisme de fausseté, illes appela h Jérusalem pour rebâtir le temple ; mais un prodige at-testé par Ammien Marcellin, aussi bien que parles auteurs ecclésia-stiques de ce temps, arrêta cette tentative h la confusion de Julien.

Après la mort de Julien, l'arianisme releva la tête avec l’em-pereur Valons , qui fut un ardent arien. Ce prince chassa es évê-ques catholiques , versa le sang des fidèles en Syrie, entraîna lesGoths et leur évêque Xllpliilas dans l’hérésie arienne, etc. MaisValentinien I er et Gratien secondèrent le zèle du pape Damase etde saint Ambroise. L’arianisme et toutes les sectes furent de nou-veau condamnés dans le deuxième concile oecuménique, assembléà Constantinople (38 1 ) par les soins de Théoclose, sur la demandedu pape. Ce fut ce même empereur qui, sans violence , acheva ladestruction du paganisme. Tout céda à la force, à la gloire de lareligion chrétienne; et tandis qu’un zèle apostolique continuaitd’étendre ses bienfaits à de nouvelles contrées, sa perfectionéclatait dans la vie de scs solitaires, de ses docteurs et de ses.fidèles.