HISTOIRE DU MOYEN AGE. 5.même l'année suivante. Brunehaut tenta vainement d’assurer lacouronne à un fils do Thierry II ; Clotaire II reprit le dessus , etla vieille reine, livrée aux fils de Frédégonde, fut condamnée hun cruel supplice (6i3). Clotaire II réunit ainsi toute la monar-chie des Francs, et le reste de son règne fut paisible (6i3-628).
A l’exclusion de Caribert, qui devint duc d’Aquitaine , Dago-bert I er succéda h son père Clotaire II : son règne jeta quelqueéclat ; niais tout l’honneur doit en être rapporté aux maires Ar-nulfe, Pépin de Landen , Ega, et à l’orfèvre saint Eloi, qui ad-ministra les finances du roi et présida aux magnificences de lacour (628-638).
A Sigebert II et Clovis II, fils de Dagobert, commence la pé-riode historique des rois jainèanls. Grimoald , maire d’Austra-sic , fit disparaître le fils de Sigebert et proclamer son propre fils(65o) ; mais l’indignation des Francs en fit justice. Clovis II réu-nit la Neustric, la Bourgogne et l’Austrasie, sous la tutelle dumaire Erchinoald, qui gouverna l’Etat avec la reine-mère Ba-thilde , dont il seconda la sagesse.
5. Décadence des Mérovingiens; ses causes. La monarchiemérovingienne, si longtemps agitée par les dissensions civilessemblait devoir dominer dans l’Occident dès le moment queClotaire II en avait réuni toutes les provinces sous un mêmesceptre et dans une paix universelle. Mais la victoire de ce princeavait été aussi le triomphe de l’aristocratie, et les leudes, richesdes dépouilles du trône, venaient d’obtenir de la faiblesse desrois l’hérédité des biens dont les avait dotés leur munificence.Comme si le traité d’Andelot ne suffisait pas pour garantir auxseigneurs la transmission successive de leurs bénéfices, Clo-taire h avait encore souscrit l’édit de 6i^, voté par les représen-tants de la noblesse naissante, et consacré par le suffrage desévêques, qui commencèrent alors h prendre part aux affaires pu-bliques.
A côté de cette double aristocratie s’élevait une puissance nou-velle qui devait achever la ruine de la dynastie mérovingienne.Les maires du palais, d’abord simples majordomes de la maisonroyale, avaient usurpé tous les pouvoirs de l’Etat. Warnachaireen Bourgogne , et Radon en Austrasie, s’étaient fait déclarer ina-movibles par Clotaire II, du consentement des grands, qui.