3^ HISTOIRE DU MOYEN AGE. 7,
des colonies monastiques de l’Irlande (p. 3~2). Les associa-tions religieuses suivirent en Occident des règles différentes,jusqu’au moment où l’ordre des Bénédictins soumit tous les mo-nastères latins à sa discipline.
Cet ordre fameux doit son origine à saint Benoît de Nursia,qui, en 5ag, établit sur le Mont-Cassin «ne société de cénobites,destinée h devenir le chef-lieu d’une immense congrégation. Larègle donnée par ce saint à ses compagnons prescrivait le travaildes mains et l’étude, et les soumettait aux trois vœux de pau-vreté , de chasteté et d’obéissance. Approuvée par saint Gré-goire, en 5q5, elle se répandÎL rapidement dans toutes lesprovinces de l'Eglise latine. D’importants services rendus parles Bénédictins h la religion, h l'humanité et aux lettres, recom-mandèrent ces religieux h la vénération des fidèles. Les mona-stères devinrent des séminaires de prédicateurs qui allaientporter la foi aux Barbares, et reculer, avec elle et par elle, leslimites de la civilisation. Les forets et les landes les plus sté-riles furent défrichées par les moines, et converties en richescampagnes. Enfin, c’est par leurs soins que furent transcrits etconservés les chefs-d’œuvre de l’antiquité grecque et romaine.
2. Notions sommaires sur les lettres et les arts jusqu’àCharlemagne. Littérature sacrée et littérature latine. Lacivilisation avait été comme ensevelie dans le débordement dela conquête barbare. Les lettres et les arts de la Grèce et de Rome«'existaient plus ; l’empereur Justinien ferma la dernière écoled’Athènes, en 52g, et l’Église , où s’étalent réfugiés les débris dunaufrage , se trouva seule aux prises avec la barbarie.
Alors naquit la littérature ecclésiastique , qui, dans son en-semble, embrassait l'Apologétique , l’Exégèse (interprétationcritique) , la Dogmatique, la Polémique, la Morale religieuse ,l’Eloquence de la chaire et l’Histoire sacrée.
Après l’époque des empereurs théodosiens, où brillèrent lesAthanase, les Eusèbe, les Basile, les Grégoire, les Chrysosiome,les Lactance , les Hilaire , les Augustin , on vit fleurir, parmi lesPères de l’Église *, en Occident, le pape saint Grégoire (6o4)î
i. Nom donne aux auteurs qui, dès les premiers temps duchristianisme, consacraient leurs travaux à la défense et h l’ex-position de la foi.