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HISTOIRE DE MOYEN AGE. II.
Ainsi tous les alleux furent peu h peu convertis en fiefs, et cesmots, nulle terre sa/is seigneur, devinrent une maxime d’Etat,dans un pays ou, par la constitution, il n’y avait de seigneur queîe roi. Les villes elles-mêmes furent enveloppées dans ce vastereseau de tyrannie; les plus grandes comme les plus petites citesdevinrent la propriété de ceux qui naguère étaient charges deprotéger leurs libertés.
Les droits et les devoirs respectifs des possesseurs de fiefsétaient déterminés par l’investiture. Le suzerain devait investirle vassal de son fief, c’est-à-dire lui livrer la terre inféodée , enle conduisant sur les lieux ou en lui présentant quelques pro-duits symboliques de cette terre (inrestiluraf En revanche, levassal devait se mettre à genoux , les deux mains entre celles duseigneur qui lui inféodait la terre , et, la tête nue , lui promettre,comme guerrier et sur son honneur, qu'il voulait être sonnomme , c’est-à-dire employer son bras et ses armes à son service( hoimnium ); le même engagement était répété par serment avecdes cérémonies religieuses, pour que cette Joi liât la confiance,comme l’hommage avait Lié l’honneur ( fi délitas).
Ainsi, le régime féodal fut une déviation du principe monar-chique. Chaque comte fut le roi de son fief; leurs petites coursoffrirent l’image (le ce qu’était la cour des rois et des empereurs ;ils réunissaient autour d’eux leurs officiers et leurs vassaux ; ilseurent des sénéchaux , des chanceliers , des plaids , et plus tarddes parlements pour rendre la justice; ils exercèrent le droit depaix et de guerre les uns à l’égard des autres, et contre le roilui-même; ils faisaient des conquêtes, concluaient des traités,imposaient des taxes à leurs sujets pour subvenir aux frais de laguerre.
Tous les manoirs furent crénelés et fortifiés ; chaque propritYtaire fut à la fois vassal et seigneur : vassal à l’égard du suzerain ,suzerain à l’égard de l’arrière-vassal ou vavasseur ; la dépendanceet la tyrannie se trouvèrent partout de compagnie dans ces mai-sons qu’habitait naguère la liberté.
Lorsque la famille de Pépin s’éteignit, on comptait vingt-cinq grands fiefs 1 qui ne reconnaissaient au-dessus d’eux que la
i. Plus tard, ils furent réduits à sept; les sept feudataires s’ap-pelaient vassaux immédiats du rot, les Pairs (pares, é^aux.) ;