qoa HISTOIRE OU MOYEN AGE. 11.
Hiérarchie féodale ; royauté. La hiérarchie féodale com-mençait par le monarque et ses vassaux immédiats ; ces grandsfeudataires divisèrent leurs vastes seigneuries en plusieurs por-tions qui, sous le nom de comtés ou vicomtés , devinrent l’apa-nage de leurs enfants et de leurs proches; à leur tour, ceux-cidistribuèrent des portions de leurs comtés ou des baronnies auxhommes d’armes qui se dévouaient à leur fortune, et ces subdi-visions se répétaient jusque dans les derniers degrés de l’échelleféodale, jusqu’aux chevaliers qui, n’axant pas assez pour parta-ger leur terre, vivaient au centre de leur seigneurie, dans unchâteau-fort, d'où ils dominaient les vassaux ou serjs qui lesenvironnaient.
Le résultat politique de cette institution pour la royauté, futla complète annulation de l’autorité du monarque; tous les ci-toyens étaient devenus les vassaux des comtes, qui ne dépen-daient du gouvernement que par une vaine formule d’hommage;le prince n’avait plus de sujets qui reconnussent son autorité,et le royaume manquait au roi.
Funestes effets de la féodalité. Aussitôt que le systèmeféodal fut établi sur des bases régulières, tout s’isola dans la so-ciété; chaque famille devint un monde à part, la guerre était âtoutes les portes. De lâ surgit un ordre de choses inconnu jus-qu’alors dans l’histoire des peuples. On déserta les écoles établiespar Charlemagne ; l’Europe retomba dans la barbarie , et l’igno-rance devint telle qu’au 10 e siècle les personnes les plus dis-tinguées par leur naissance, leurs emplois ou leurs richesses , nesavaient plus lire ni écrire. La noblesse s’en faisait une espècede gloire, et l’on trouve une foule d’actes de ces temps qui fi-nissent par ces mots : Ledit seigneur a déclaré ne savoir signer ,attendu sa qualité de gentilhomme . Ce siècle fut, à juste titre,nommé le siècle de for.