uô LITTÉRATURE. 47.
II. Eloquence profane, L’éloquence du barreau, au 16 e siècle^ut arrêtée par La maladroite imitation de l’antiquité et par legoût de la controverse : les plaidoyers les plus célèbres de cetteépoque ne sont qu’un pêLe-mêle de citations bizarres el de sub-tilités interminables, Parmi les plus fameux avocats, on citeLemaître, Du Prat, Marillac, de Thou, L’Hostital, Brisson,Pithou, Versoris, Antoine Arnauld, Pasqtjier, Expilly,Gui-Coquille, Gautier, Mostholon, Ruzé, Lizkt, Poyet, etc.
L’éloquence politique n’a guère h nommer que Montluc ,Marillac , L'Hospital. Sans doute, au milieu des passions quifermentaient alors, et parmi les hommes de science et de talentdont se glorifiait chaque paiti, de nombreux orateurs ont dû seproduire; toutefois , c’est à peine si quelques noms ont été re-marqués. Dans ces jours de trouble cl d’agitation, un bon dis-cours était payé par le succès et non par les applaudissements ;i! ne se trouvait pas, comme aujourd’hui, des hommes toutprêts à enregistrer chaque parole de l’orateur influent, et à leslivrer par la publicité à l’admiration de tous. Les quelquesdiscours qui nous ont été conservés par extraits ne peuvent nousdonner une idée de ce qu’était alors l’éloquence politique. Celuique prononça L’Hospital aux Etats d’Orléans fait exception ;c’est un morceau solidement pensé et rempli d’élévation.
Nous possédons encore plusieurs ouvrages du temps quipeuvent passer pour des modèles d’éloquence politique ; niais cesont des fictions qu’il faut chercher dans le Gargantua de Rabe-lais , ou des pamphlets tels que l’ Anti-Espagnol , attribué àAntoine Arnauld, et la satire Ménijpée , chef-d’œuvre com-posé en commun contre la Ligue par Le Roy, Durand, Pas-serat, Florent Chrétien, Rapin, Gillot et Pithou , ou desmémoires tels que ceux de Du Plessy-Mûrnay et de Du Fay.
IIL Eloquence philosophique et morale L’éloquence philo- >sophique naquit avec Michel Montaigne (i533-i592), auteurd’un ouvrage si connu sous le titre ^Essais, et dont le style ori-ginal et pittoresque s’élève quelquefois h la plus haute éloquence.
Ou trouve après Montaigne : La Boétie ( i53o-i563 ), sonami, auteur du traité de la Servitude volontaire , écrit d’un
i. Le Programme ne parle que d 'orateurs ; mais, lorsqu’il, s’a-git d’éloquence, on ne peut guère omettre les noms d'écrivainsqui, sans être orateurs, ont brillé par leur éloquence.