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Tome premier.
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î34 ÊLÊMENS

équivoque. En effet, non-seulement nous ignorons la nature dechaque être en particulier, nous ne savons pas même bien dis-tinctement ce que c'est que la nature d’un être en lui-même.Mais la nature des êtres envisagée par rapport à nous, n’est autrechose que le développement des idées simples renfermées dans lanotion que nous nous formons de ces êtres. On voil parla combienest futile la question tant agitée, s’il y a des définitions de chose,c’est-a-dire des « éfiuitions qui expliquen l’essence des êtres, ous’il n’y a que des définitions de nom, c’est-à-dire de simplesexplications de ce qu’on entend par un mot. Les définitions dontil s’agit ici ne sont proprement ni dans l’un ni dans l’autre cas ;elles ‘ont plus que des définitions de nom, et moins que desdéfinitions de chose; elles expliquent la nature de l’objet telque nous le concevons , mais non tel qu’il est.

On ne doit proprement appeler définitions de nom , que cellesde certains termes particuliers aux sciences, termes de pureconvention qu’il suffit d’expliquer, et dont l’usage est inconnuau vulgaire. Les sciences sont forcées de se servir de ces sortes determes, soit pour abréger les circonlocutions, et contribuer à laclarté par ce moyen, soit pour désigner des objets peu connussur lesquels le philosophe s’exerce, et que souvent il se produità lui-même par des combinaisons singulières et nouvelles. Cesmots ont simplement besoin d’être expliqués par d’autres plussimples et d’usage commun. Mais les termes scientifiques n’é-tant inventés que pour la nécessité , on ne doit pas les multi-plier au hasard ; on ne doit pas surtout exprimer d’une manièresavante ce qu’on dira aussi bien par un terme que tout le mondepeut entendre. On ne saurait rendre la langue de la raison tropsimple et trop populaire : non-seulement c’est un moyen de ré-pandre la lumière sur un plus grand espace, c’est ôter encoreaux ignorans un prétexte de décrier le savoir. Plusieurs s’ima-ginent que toute la science d’un mathématicien consiste à direcorollaire au lieu de conséquence , scolie au lieu de remarque ,théorème au lieu de proposition. Ils croient que la langue parti-culière de chaque science en fait tout le mérite , que c’est uneespèce de rempart inventé pour en défendre les approches; nepouvant forcer la place , ils se vengent en insultant les dehors.Au reste , le philosophe , en parlant le plus qu’il lui est possiblela langue du peuple, ne proscrit point avec rigueur la langueétablie. Il est dans les choses d’usage des limites en deçà des-quelles il s’arrête; il ne veut ni tout réformer, ni se soumettreà tout, parce qu’il n’est ni tyran ni esclave. ( Voyez Eclaircis-sement , § 11, pag. i38. )

C’est ainsi-qu’on doit se conduire dans le choix , le dévelop-