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Tome premier.
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î6o ÉLÉMENS

ne point, parler îles autres, puisse être liabite'e, elle qui s’est ap-prochée du soleil jusqu’à toucher presque sa surface , et qui a dûéprouver dans cette proximité une chaleur capable de détruiretout ce qui la couvrait ? or si cette comète n’est pas habitée, pour-quoi les autres comètes le seraient-elles? et si les comètes ne sontpas habitées, pourquoi veut-on que les planètes le soient? maissi les planètes et les comètes ne sont pas habitées , pourquoi sont-elles des corps opaques, et non des astres lumineux par eux-mêmesPOndira peut-être que lalunesert à nous éclairer pendantl’absence du soleil, et que si elle avait été lumineuse par elle-même , la nuit, destinée à tempérer la chaleur du jour, n’auraitfait alors que l’augmenter. D’abord il est fort douteux que ladestination de la lune soit de nous éclairer pendant nos nuits,puisque durant la moitié des nuits elle nous est cachée. Il fau-drait, pour qu’elle nous éclairât constamment pendant l’absencedu soleil, qu’elle se levât tous les jours quand cet astre se cou-che ; c’est-à-dire que sa révolution autour de la terre, au lieud’être de 27 à 28 jours, fût d’environ 365 , précisément commecelle du soleil. Il est vrai qu’il serait nécessaire pour cela que lalune fût cinq à six fois plus éloignée de nous, et qu’alors ellenous donnerait moins de lumière ; mais il eût été facile d’obvierà cet inconvénient en donnant plus de volume et par consé-quent plus de surface à cette planète sans augmenter sa masse.Concluons donc que nous ne savons pas trop bien la vraie desti-nation de la lune. Mais quand l’usage de cette planète serait eneffet de nous éclairer pendant nos nuits, assurément les autresplanètes ne sont pas faites pour cela ; et quand elles le seraient,il n’y aurait aucun danger pour nous qu’elles fussent lumineusespar elles-mêmes, si elles ne sont destinées qu’à nous éclairer.

Si donc les planètes , quoique semblables par leur opacité auglobe terrestre , ne sont pas habitées , comme il est très-permisde le croire , quelle peut être l’utilité de ces corps dans la vasteétendue des cieux ? c’est ce que nous ne savons pas , et vraisem-blablement ce qu’il faut nous résoudre à ne savoir jamais. Necherchonspoint à deviner ce qui se passe dans les globes immensesqui flottent si loin de notre terre ; contentons-nous d’ignorerpresque entièrement ce qui arrive autour de nous dans le petitglobe que nous habitons , et répétons-nous souvent à nous-mêmes la leçon faite autrefois à ce philosophe , qui en observantles astres se laissa tomber dans un puits :

Tandis qu’îi peine à les pieds tu penx voir,

Penses-tu lire au-dessus de ta tête?

La circonspection avec laquelle on doit faire usage de l’art de