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Tome premier.
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DE PHILOSOPHIE. t : t

moins propres par conséquent à se confirmer les uns les autres.Mais il n’est pas moins vrai que le doute , sur la réalité de ces té-moignages (s’il doit avoir lieu), ne peut commencer raisonna-blement qu’à une certaine époque plus ou moins éloignée denotre temps, et que depuis celte époque jusqu’à nous, tout letemps qui s’est écoulé ne peut produire aucune incertitude nou-velle.

Il est donc question dans tous les cas, soit de tradition orale ,soit de tradition écrite, de remonter au premier témoin qui ra-conte. Il faudra ensuite examiner si ce témoin est oculaire, ou seu-lement contemporain ; s’il est le seul qui ait vu , ou si plusieursont vu la même chose , et nous en assurent ; si leur témoignageest uniforme et non contesté, ni contrarié , ni même altéré pard’autres ; si le fait qu’on raconte est dans l’ordre commun, ou s iln’y est pas ; si dans ce dernier cas les témoins qui en déposent ontété assez éclairés pour ne se pas tromper; s’ils sont à l’abri de toutsoupçon de séduction ou d’enthousiasme; s’ils n’ont pas eu d’in-térêt à voir les choses telles qu’ils désiraient qu’elles fussent ; s ilsn’en ont point eu à dire qu’ils les ont vues pour se faire croire plusaisément ; enfin si en les supposant de bonne foi et sans interet ,il n’y a pas plus de raisons de les supposer dans l’erreur, que decroire que les lois ordinaires et constantes de la nature aient étéviolées pour contredire des vérités solidement établies.

On aurait grand tort de conclure de toutes ces règles , aussisévères qu’indispensables, qu’il faille toujours refuser sa croyanceau témoignage des hommes en fait de prodiges. On en concluraseulement qu’il faut être très-circonspect à y ajouter foi ; plus lesfaux miracles seront décriés, plus les vrais miracles y gagneront.

Il y a plus de trente ans qu’il se faisait tous les jours des mi-racles sans fin dans un cimetière situé à l’extrémité de Paris. Cesmiracles sont attestés, dit-on, par des témoignages nombreuxet authentiques. Il n’y a dans toute l’histoire ancienne et mo-derne , aucune espèce de prodiges (si on en croit les partisans deceux-ci) qui puissent compter et réclamer tant de voix en sa fa-veur (i). Si ce recueil de témoignages parvenait à la postérité,seul et dégagé de tout ce qui doit le rendre nul , elle se trouve-rait embarrassée , et n’oserait prononcer sur la .fausseté de cesprétendus prodiges, en les voyant assurés par des hommes dontl’état, le nombre, et les lumières qu’on leur suppose, semblentobliger de les croire sur leur parole quand ils assurent avoir vu.

Je dirai plus. Un grand nombre de partisans de ces prétendus

(i) Les partisans de ces miracles ont ose imprimer expressément que lesmiracles de Jèsus-Clirist n’étaient pas mieux attestes que les leurs : on a faitl’Iionncur à cette assertion impie de la réfuter sérieusement.