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Tome premier.
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i8G ÉLÉMENS

extérieurs ont au nôtre, et non pour nous faire connaître ces êtresen eux-mêmes. Que nous importe au fond de pénétrer dansl’essence des corps, pourvu que la matière étant supposée telleque nous la concevons, nous puissions déduire des propriétésquenousy regardons comme primitives, les autres propriétés se-condaires que nous apercevons en elle, et que le système gé-néral des phénomènes , toujours uniforme et continu, ne nousprésente nulle part de contradiction? Arrêtons-nous donc, etne cherchons pas à diminuer par des sophismes subtils le nom-bre déjà trop petit de nos connaissances claires et certaines.

Mais quand la matière , telle que nous la concevons , ne seraitqu’un phénomène fort différent de ce qu’elle est en elle-même ,quand nous n’aurions pas d’idée nette, ni peut-être même d’idéejuste de sa nature , l’expérience journalière nous démontre quecet assemblage d’êtres , quel qu’il soit, que nous appelons ma-tière, est par lui-même incapable d’action , de vouloir, de sen-timent et de pensée. C’en est assez pour conclure que cet assem-blage d’êtres ne forme point en nous le principe pensant. Lesage se borne à cette vérité incontestable , sans chercher à ren-dre raison de la plupart des phénomènes qui accompagnent nossensations ; il n’entreprendra point d’expliquer pourquoi nousrapportons le toucher aux extrémités de notre corps, et commentle principe sentant qui est en nous , principe simple et indi-visible de sa nature , se transporte , si on peut parler ainsi,tantôt successivement, tantôt à la fois dans toutes les extrémitésdu principe matériel qui sont affectées par les objets extérieurs.Nous avons déjà observé combien la multiplicité instantanée denos sensations est incompréhensible ; l’erreur par laquelle nousrapportons toutes nos sensations aux parties de notre corps l’estpeut-être davantage. Mais une erreur encore plus étrange, c’estl’application que nous faisons de la couleur sur la surface desobjets. La sensation de couleur ne pouvant être que dans notreâme , il est bien extraordinaire que l’âme transporte cette sen-sation simple à un être qui ne lui est uni en aucune manière, et quede plus elle étende celte sensation sur cet être composé qui n’enest nullement susceptible , tant par sa multiplicité que par sonincapacité de sentir. Nouveau problème' métaphysique plusdillicile que tous les précédens , et que nous laisserons à résoudreà notre postérité , qui le laissera de même à la sienne ( VojezÉclaircissement, § VIII , pag. 199.)

Ainsi plus on approfondit les différentes questions qui sont duressort de la métaphysique, plus on voit combien leur solutionest au-dessus de nos lumières et avec quel soin on doit les excluredes élémens de philosophie. On demande, par exemple, si