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Tome premier.
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272 ÉLÉMENS

idée négative, puisque nous ne le concevons que par la négationdu fini; le mot même à’infini en est la preuve.

Tout ce que nous avons dit jusqu’à présent sur la manière debien traiter les élémens de géométrie , doit nous faire conclureque de tels élémens ne sont pas l’ouvrage d’un géomètre ordi-naire ; qu’il n’y a même aucun géomètre au-dessus d’une pa-reille entreprise , et que les Descartes , les Newton , les Leibnitzn’eussent pas été de trop pour la bien exécuter. Cependant iln’y a peut-être point de science dans laquelle on ait tant mul-tijilié les élémens, sans compter ceux dont nous serons sansdoute accablés encore; et on peut remarquer que parmi cettemultitude de géomètres élémentaires, il n’y en a presque pas unqui, dans sa préface , ne dise plus ou moins de mal de ses pré-décesseurs. Un ouvrage en ce genre , qui serait au gré de tout lemonde , est encore à faire ; mais c’est peut-être une entreprisechimérique que de prétendre faire au gré de tout le monde unpareil ouvrage. Les différentes vues dans lesquelles on peutétudier les élémens de géométrie , rendent ces élémens suscep-tibles de différentes formes dont chacune peut avoir son avan-tage. Il ne s’agit ici que de savoir quelle est la meilleure qu’onpuisse leur donner dans des élémens de philosophie ; et c’est surquoi nous avons tâché de proposer nos vues.

Mais ce qui rend la plupart des élémens de géométrie si dé-fectueux , c’est moins encore le plan suivant lequel on les traite,que l’incapacité de ceux qui l’exécutent. Ces élémens sont pourl’ordinaire l’ouvrage des mathématiciens médiocres , dont lesconnaissances finissent oh se termine leur livre , et qui par celamême sont incapables de faire en ce genre un livre utile. Car ilne faut pas s’imaginer que pour avoir effleuré les principes d’unescience, on soit en état de l’enseigner. C’est à ce préjugé, fruit dela vanité et de l’ignorance, qu’on doit attribuer l’extrême disetteou nous sommes presque en chaque science de bons élémens.L’élève à peine sorti des premiers sentiers , encore frappé desdifficultés qu’il a éprouvées , et que souvent même il n’a sur-montées qu’en partie , entreprend de les faire connaître et sur-monter aux autres. Censeur et plagiaire tout eusemble de ceuxqui l’ont précédé, il copie, transforme, étend, renverse, resserre,obscurcit, prend ses idées informes et confuses pour des idéesclaires, et l’envie qu’il a d’être auteur pour le désir d’être utile.C’est un homme qui ayant parcouru un labyrinthe à tâtons,croit pouvoir en donner le plan. D’un autre coté , les maitresde l’art, qui par une étude longue et assidue en ont vaincu lesdifficultés et connu les finesses , dédaignent de revenir sur leurspas pour faciliter aux autres le chemin qu’ils ont eu tant de