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Tome premier.
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DE PHILOSOPHIE. a 7 3

peine à se frayer eux-mêmes ; ou peut-être frappés encore de lamultitude et de la nature des obstacles qu’ils ont surmontés ,ils redoutent le travail qui serait nécessaire pour les aplanir, etque la multitude sentirait trop peu pour leur en tenir compte.Uniquement occupés de faire de nouveaux progrès dans l’art,pour s’élever, s’il leur est possible , au-dessus de leurs prédé-cesseurs et de leurs contemporains , et plus jaloux de l’admira-tion que de la reconnaissance publique , ils ne pensent qu’àdécouvrir et à jouir, et préfèrent la gloire d’augmenter l’édificeau soin d’en éclairer l’entrée. Ils pensent que celui qui apporteracomme eux, dans l’étude des sciences, un génie fait pour les ap-profondir, n’aura pas besoin d’autres éiémens que de ceux quiles ont guidés eux-mêmes; qu’en lui la nature et les réflexions sup-pléeront aux livres ; et qu’il est inutile de faciliter aux esprits lentset communs des connaissances qu’ils ne pourront jamais se rendrepropres, puisqu’ils n’y pourront rien ajouter. Un peu plus deréflexion eût fait sentir combien cette manière de penser estnuisible à la gloire et au progrès des sciences ; à leur gloire,parce qu’en les mettant à portée d’un plus grand nombre de per-sonnes, on se procure un plus grand nombre de juges éclairés ;à leur progrès, parce qu’en facilitant aux génies heureux l’é-tude de ce qui est connu , on les met en état d’aller plus loin etplus vite.Tel est l’avantage que produiraient de bons éiémens dechaque science, élétnens qui ne peuvent être l’ouvrage que d’unemain fort habile et fort exercée. En effet, si on n’est pas parfai-tement instruit des vérités de détail qn’nne science renferme ,si par un fréquent usage on n’a pas aperçu la dépendance mu-tuelle de ces vérités , comment distinguera-t-on les propositionsfondamentales dont elles dérivent, l’analogie ou la différence deces propositions fondamentales , l’ordre qu’elles doivent observerentre elles , et surtout les principes au-delà desquels on ne doitpas remonter? C’est ainsi qu’un chimiste ne parvient à connaîtreles mixtes , qu’après des analyses fréquentes, et des combinai-sons variées en toutes sortes de manières. La comparaison estd’autant plus juste, que ces analyses apprennent au chimistenon-seulement quels sont les principes dans lesquels un corps serésout, mais encore, ce qui n’est pas moins important, lesbornes au-delà desquelles il ne peut se résoudre.

Les éiémens de géométrie conduisent immédiatement à la géo-métrie des courbes, c’est-à-dire de toutes les courbes diffé-rentes du cercle. Car le cercle est la seule figure curviligne dontil soit question dans les éiémens de géométrie , à cause de lafacilité de sa description, et de l’usage qu’on en fait pour ré-soudre la plupart des problèmes de la géométrie élémentaire,i. iti